Le Tribunal cantonal valaisan aurait dû juger mardi un Afghan pour tentative d'assassinat sur son épouse. En première instance, il avait écopé de 10 ans de prison ferme et d'une expulsion de 15 ans de Suisse. Le procès a finalement été ajourné pour un problème d'interprète.
Le prévenu, désirant s'exprimer dans sa langue maternelle – le dari – comme c'est son droit le plus strict, la Cour a entamé le procès en assermentant une interprète de la région. A la deuxième question, celle-ci a admis une connaissance limitée de cette langue.
Président du Tribunal (TC), Christophe Pralong a alors interrompu les débats, cherchant un traducteur remplaçant. Après une petite demi-heure, le TC a choisi d'ajourner le procès, n'ayant pas pu trouver la perle rare. Le fils de l'accusé, puis l'un de ses cousins, se sont offerts pour traduire. Au vu de la proximité de ces personnes avec le prévenu, le TC a refusé cette solution.
«Un dossier prioritaire»
«Le Tribunal présente toutes ses excuses. Nous essayerons de fixer au plus vite une nouvelle date. Ce dossier est (ndlr: désormais) prioritaire», a résumé Christophe Pralong, bien décidé à tenir les débats avant l'été. «Nous avions déjà rencontré des problèmes d'interprète durant la procédure», a rappelé Me Luis Neves, avocat du quinquagénaire afghan. «La situation d'aujourd'hui, c'est une perte de temps total. Mon client est déçu. Il voudrait être fixé sur son sort.»
«Dommage que le procès ne puisse pas se tenir aujourd'hui, d'autant que le Tribunal cantonal avait fait preuve d'une grande célérité en fixant cette audience (ndlr: six mois seulement après le procès en première instance)», a estimé, de son côté, Me François Pernet, l'avocat de la partie plaignante. «Ma cliente attend de pouvoir tirer un trait sur cette affaire.» «Cette situation n'avantage aucune des parties», a estimé, pour sa part, le procureur Alexandre Rosset.»
Le 21 novembre 2022 à Martigny, l'accusé a poussé sa femme au sol. Il a alors saisi une branche de 80 cm et l'a battue à l'arrière du crâne, puis sur l'ensemble du corps. La scène aura duré près de 10 minutes.
Comme le tribunal de première instance en novembre 2025, le TC devra prochainement déterminer si le prévenu a frappé sa femme avec l'intention de la tuer, allant jusqu'à briser son bâton sur son crâne. Il ne s'était pas arrêté, malgré l'immobilisation de son épouse ou les hurlements d'une passante. Il n'aura cessé que lors de l'intervention de deux hommes, de passage. La victime a subi un traumatisme crânien, une atteinte à une vertèbre cervicale et des fractures de l'orbite et du sinus maxillaire gauche.
Crainte viscérale de l'expulsion
Durant le procès de première instance, l'avocat du prévenu, Me Luis Neves, avait plaidé pour une condamnation uniquement pour lésions corporelles simples, afin de lui éviter une expulsion, et non pour tentative d'assassinat ou subsidiairement de meurtre.
Père de cinq enfants, le prévenu bénéficie du statut de réfugié politique. Dans son pays, il travaillait à protéger les collaborateurs de l'ambassade de Suisse. «Je risque ma vie en retournant dans mon pays, à cause des talibans», avait-il déclaré lors de son premier procès. Une crainte qu'il partage toujours avec les membres de sa famille présents à Sion, mardi matin. Le procès au TC se tiendra à une date ultérieure.
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