En bref
- Le manque de végétalisation à l'arrivée du nouveau tram au Flon pourrait animer la rentrée politique lausannoise. Les Vert'libéraux lancent une pétition, la gauche prépare des interventions sur la canicule.
- Selon les Transports publics lausannois, des impératifs techniques et sécuritaires empêchent de planter des arbres en pleine terre le long du tronçon ou d'imaginer un gazon au niveau des rails.
- Les Vert'libéraux signalent que la température au sol dépasse les 45°C sur le tracé et dénoncent une exclusion des groupes vulnérables. Ils espèrent que le projet, à un stade avancé, aura droit à des aménagements de dernière minute.
Le manque de végétalisation sur le parcours du nouveau tram, en particulier sur son tronçon d’arrivée au Flon, est un peu le tube de l’été à Lausanne. De quoi en faire la porte d’entrée pour que la canicule le sujet phare de la politique vaudoise à la rentrée?
C’est l’objectif des Vert’libéraux lausannois, qui annoncent le lancement, ce jeudi 13 août, d’une pétition – contre «la fournaise» du Flon et pour un «parcours de fraîcheur» d’un bout à l’autre du tracé du tram. La conseillère communale vert’libérale Virginie Cavalli estime que cette pétition «fait écho» à leur action au niveau fédéral.
Adapter Lausanne aux canicules
En effet, le parti centriste demande «un débat urgent sur la canicule lors de la session d’automne du Parlement». Pour la candidate à l’élection 2027 au Conseil d’Etat, «au niveau local, la question est de savoir comment on adapte nos villes» pour «se préparer aux étés à venir».
Comme Blick, les Vert’libéraux ont constaté que la température au sol dépasse les 45 °C le long des voies et qualifient de «micro-ondes» les arrêts actuels. Ils demandent des aménagements. «C’est une question d’usage quotidien, juge la politicienne. Il serait inacceptable que des personnes à risque, seniors et enfants, soient de facto exclues de ce tram à certaines heures de la journée, trois mois de l’année.»
Du côté de la gauche lausannoise, Vert-e-s et socialistes rappellent que la végétalisation fait déjà partie de leur programme et de leurs dépôts précédents. Notamment via la défense du Plan Canopée, qui vise à ajouter plus d’arbres en milieu urbain. Des postulats et interpellations urgentes pourrait bien être lancés dès la fin août, aussi bien au Conseil communal de Lausanne qu'au Grand Conseil vaudois.
Arbres en pleine terre? Impossible
Ce «désert minéral» au bout de la rue de Genève a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, comme le relevait «24 heures» le 5 août dernier. Les Transports publics lausannois ont expliqué au quotidien vaudois les raisons derrière ce manque de verdure, argumentant qu’il est prévu de créer un parc verdoyant sur la place de l’Europe.
Pour ce qui est de planter des arbres en pleine terre le long du tram, c’est irréalisable car «les réseaux souterrains sont très denses dans ce secteur», détaille Eva Gaspar Alves, communicante des TL. Conduites d’eau en tous genres, électricité, fibre optique, gaz et chauffage à distance et autres câblages se frayent un chemin au sous-sol.
Le gazon, question de sécurité
Quid du gazon sur la zone des rails du tram, comme c’est déjà le cas sur certains secteurs du T1 lausannois? Inenvisageable à cet endroit pour une question de sécurité routière, arguent les TL. En effet, le tram est entre deux les deux voies dédiées aux voitures, et en cas d’embouteillages ou de nécessité, les véhicules d’urgence doivent pouvoir se rabattre sur les rails du tram pour avancer.
De l’autre côté du Léman, la Ville de Genève et les TPG sont justement en train de finir d’installer des «surfaces perméables et végétalisées», de type sédum, à la Rue de Carouge, sur un secteur du tram qui n’en comprenait pas. Ceci afin d’atteindre leur objectif de «diminuer les îlots de chaleur».
Les Transports publics genevois indiquent qu’une «piste multifonctionnelle» à côté de la zone végétalisée permettra à la police et aux ambulances d’intervenir. Une exception: les pompiers pourront traverser le sédum en cas d’urgence dans la rue.
Des solutions alternatives?
Gazon végétalisé et traversable en voiture, pots à arbres, façades végétalisées: pour les politiciens contactés, des solutions alternatives existent malgré les difficultés techniques évoquées par les TL. «Avec ce chantier, on a vraiment l’occasion de végétaliser une partie de Lausanne qui ne l’est pas, argumente la vert’libérale Virginie Cavalli. On nous rétorque que le projet est prévu depuis 15 ou 20 ans. Mais entre-temps, il était envisageable de réaliser des adaptations en fonction de l’évolution frappante du climat.»
Alors, cette pétition n'est-elle qu'un coup dans l’eau? «La pétition a l’avantage de mettre davantage de pression sur le Conseil d’Etat, contre Virginie Cavalli. Au final, c’est au niveau du canton que pas mal de choses se décideront.» En effet, le projet entre les mains des transports publics lausannois est principalement financé par l’Etat de Vaud.