Jean-Robert Terrier dénonce
«Valérie Dittli joue contre son propre parti»

Opposé à la ministre depuis le rapport Meylan, le président des Jeunes, Jean-Robert Terrier, critique l'attitude de Valérie Dittli qu'il juge «égoïste». Désavouée formellement, la ministre aurait menacé de faire cavalier seul si le parti refusait de l'endosser.
Le président des Jeunes, Jean-Robert Terrier, estime que Valérie Dittli met le parti en danger.
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Myret ZakiJournaliste Blick

A seulement 24 ans, Jean-Robert Terrier, président des Jeunes du Centre Vaud, a été l'un des rares, si ce n'est le seul de son parti, à s'opposer publiquement à Valérie Dittli ce mois de mai, suite à la sortie du rapport Meylan. Suite à cela, il a échappé de justesse à une exclusion de son parti en raison de ses propos frontalement critiques. 

Depuis, la situation s'est encore détériorée: ce 14 juillet, le comité de présidence du Centre Vaud a retiré son soutien formellement à Valérie Dittli. Cette dernière, selon nos informations, aurait menacé de quitter le parti pour mener campagne seule, ce qui menacerait le siège du Centre Vaud au Conseil d'Etat. Entretien.

Jean-Robert Terrier, vos déclarations contre Valérie Dittli en mai vous ont coûté cher. Les regrettez-vous, avec le recul?
Mes déclarations m'ont valu diverses pressions pour me faire taire. Mais aujourd'hui je ne regrette rien. Il est plus vrai que jamais, à mon sens, que Mme Dittli ne doit plus se représenter sous les couleurs du Centre Vaud. Elle est l’élément perturbateur de toute la campagne pour les élections de 2027, et prétendait pourtant servir le parti. Désormais, on voit le peu de considération qu'elle porte au parti.

Des sources concordantes nous affirment que vous auriez reçu une menace de mort. Le confirmez-vous?
C'est vrai. J'ai reçu une menace de mort car je parlais à la presse de mon désaveu de Valérie Dittli suite à l'affaire Meylan. Mais je ne commenterai pas davantage ce point.

Comment pensez-vous que le président du Centre Vaud, Giancarlo Sergi, gère cette crise?
Giancarlo Sergi essaie d'être fédérateur et de professionnaliser le parti, contrairement à Madame Dittli. Il est arrivé en plein coeur d'une crise, dans une équipe qu'il ne connaissait pas encore. Il a pris le temps nécessaire pour prendre la pleine mesure du sérieux de la situation, et du danger que représente désormais, à mon sens, Madame Dittli pour le Centre Vaud. L'important est qu'il agit en défendant nos valeurs, et je pense qu'il le fait bien. 

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Désormais, le Comité de présidence a clairement pris conscience du danger et de son entêtement
Jean-Robert Terrier
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Quel danger représente la ministre sortante, selon vous?
Elle joue contre son propre parti. Tout en affirmant qu’elle le sert, elle le met dans l’embarras: le parti est suspendu à sa décision de se représenter ou non, qui tarde à venir. Faute de candidature officielle, nous devons demander à nos partenaires de l’Alliance vaudoise et des autres partis centristes de patienter. Il est clair que la conseillère d'Etat n’a aucune volonté de jouer collectif.

Pourquoi, selon vous, est-ce que Valérie Dittli persiste et signe?
Car elle agit dans le sens de son intérêt égoïste. L'égocentrisme consiste à croire que son seul nom peut lui apporter suffisamment de voix. Elle est convaincue que ce n’est pas le parti qui l’a amenée au Conseil d'Etat, mais l'inverse. Désormais, le Comité de présidence a clairement pris conscience du danger et de son entêtement. 

Quel impact cela a-t-il sur la campagne du Centre Vaud pour 2027?
Cette situation paralyse la campagne du Centre alors qu’on est à quatre mois de décembre, date à laquelle on doit déposer les listes et les stratégies électorales. Madame Dittli est clairement en train de bloquer le processus alors qu'elle bénéficiait de la priorité, et que cela fait un long moment qu’on lui demande d’y réfléchir. Il devient clair que c’est une méthode pour gagner du temps.

Si au final elle passe en force à l'Assemblée générale, que se passera-t-il, selon vous?
Le parti se disloquera. Nous risquerons notre siège au Conseil national, au Conseil d'Etat, et cela détruira tout espoir de former un groupe au Grand conseil. Madame Dittli n’a pas conscience de cela. A mon sens, elle est actuellement hors sol. Elle a présenté un avis de droit qui met en cause le rapport Meylan en disant qu’elle pourrait porter plainte contre le Conseil d’Etat, ce qui montre combien elle est hors des réalités. 

Etait-ce une erreur que le Centre lui ait renouvelé sa confiance après le rapport Meylan?
Des membres pensaient que Mme Dittli allait faire preuve de bon sens. Erreur. On s’est dit qu’elle aurait eu la décence et l’honnêteté de dire que le Conseil d’Etat n’était plus envisageable pour elle. Mais aujourd’hui, des gens qui lui ont accordé leur confiance et qui sont au Comité de présidence s’en mordent les doigts. Le plus important, c'est qu'ils ont pris conscience qu'elle est dangereuse. 

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