Nouveau rapport accablant
«Valérie Dittli a menti et caché l’existence d’une convention aux membres du Conseil d’Etat»

Jean-François Meylan a rendu son rapport sur Valérie Dittli. Il confirme qu'une convention a permis à la conseillière d'Etat d'échapper à une plainte en échange de deux mandats à Me Jean-Claude Mathey.
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Jean-François Meylan a rendu son rapport concernant une convention secrète entre Valérie Dittli et Me Matthey.
Photo: keystone-sda.ch

Le Conseil d’État vaudois a levé le voile sur des dysfonctionnements graves au sein de la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires (DGAV). Selon le rapport de l’enquêteur Jean-François Meylan, remis ce jour, l’ancienne cheffe du Département des finances et de l’agriculture, Valérie Dittli, a dissimulé des informations cruciales et engagé des fonds publics sans autorisation.

Une convention conclue entre Valérie Dittli et Me Jean-Claude Mathey, ancien président de la Commission foncière rurale I (CFR I), a permis à ce dernier de retirer une plainte pénale en échange d’une rémunération de 10'000 francs. Selon l’enquêteur, ce montant était disproportionné par rapport aux prestations fournies. De plus, deux versements totalisant 23'000 francs, ordonnés par Valérie Dittli en septembre 2024 avant la finalisation de la convention, ont été jugés irréguliers. Ces sommes ont été restituées, mais le Conseil d’État n’en avait pas été informé.

Dossier transmis au Ministère public

Valérie Dittli a également omis de signaler un second mandat confié à Me Jean-Claude Mathey, initié par un cadre de la DGAV, et n’a pas informé le Conseil d’État de l’existence et des implications financières de la convention. «Malgré des questions, Mme Dittli a menti et caché l’existence d’une convention», note le rapport.

Face à ces révélations, le Conseil d’État transmet le dossier au Ministère public pour déterminer d’éventuelles infractions pénales. Par ailleurs, un audit financier de la DGAV sera confié au Contrôle cantonal des finances (CCF), tandis que des investigations RH seront menées par la DGRH. «La confiance avec Valérie Dittli est entamée et sera difficile à rétablir», a déclaré le Conseil d’État vaudois, tout en réaffirmant sa volonté de travailler pour l’intérêt public jusqu’à la fin de la législature.

Appels à la démission à gauche

En réaction au rapport Mathey, les réactions politiques ne se sont pas faites attendre. Le Parti socialiste vaudois (PS VD) demande la démission de Valérie Dittli en raison de multiples crises affectant son département. «Nous ne voyons pas comment Madame Dittli peut maintenir la confiance des institutions et de la population», déclare le PS VD.

Même son de cloche du côté du groupe Ensemble à Gauche et POP qui appelle également à sa démission: «la Conseillère d'Etat semble avoir fait passer ses intérêts personnels avant ceux de l'Etat, ce qui la rend indigne d'une fonction qui revêt une telle responsabilité devant la population vaudoise».

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