Critiquée de toutes parts, Valérie Dittli réaffirme sa «motivation intacte» à exercer comme conseillère d'Etat. La ministre centriste compte aller au bout de son mandat en 2027 et dira «en temps voulu» si elle se représente ou pas.
Interviewée vendredi dans la Matinale de la RTS, Valérie Dittli est notamment revenue sur la séance du Grand Conseil du 20 janvier, lorsqu'elle a été passée au grill par les députés à la suite d'un rapport épinglant de multiples dysfonctionnements dans son ancien département des finances.
«Cela a été extrêmement dur. J'avais l'impression d'être devant un tribunal, face à des personnes qui étaient à la fois juges et parties», a-t-elle estimé. «Peu importe ce que je répondais, on disait que c'était faux. C'est comme si je n'avais pas le droit de me défendre», a-t-elle relevé. Comme devant le Grand Conseil, Valérie Dittli n'a pas répondu vendredi matin aux questions sensibles, notamment sur des mandats externes octroyés et potentiellement problématiques en matière de conflits d'intérêts.
«J'assume ma part»
Elle a, en revanche, redit ses regrets d'avoir plongé certains collaborateurs «dans la souffrance» avec son style de management. Interrogée si elle avait eu «honte» face au mal-être exprimé par ses collaborateurs, elle a répondu par l'affirmative. «J'assume ma part», a-t-elle dit, ajoutant toutefois ne pas être «la seule responsable» des problèmes au sein du Département des finances, qui lui a été retiré en mars 2025.
Sur l'affaire «parallèle» du bouclier fiscal, Valérie Dittli a estimé qu'elle avait eu «raison» de suivre son «intuition» et «d'insister», le rapport Paychère publié en août ayant montré que ce mécanisme avait été appliqué de manière illégale entre 2009 et 2021. «Je voulais absolument savoir ce qui s'était passé et j'ai été rigoureuse», a-t-elle affirmé, sans vouloir commenter l'action du précédent ministre des Finances, Pascal Broulis.
Enquête en cours
Epinglée dans plusieurs rapports, tancée par des députés de tous bords politiques, Valérie Dittli se trouve aussi, pour mémoire, dans le viseur de la justice vaudoise. Le Ministère public a ouvert une instruction pénale à son encontre l'automne dernier.
L'enquête porte sur des faits potentiellement constitutifs d'abus d'autorité, sachant que la désormais ex-grande argentière a demandé d'annuler ou de faire annuler des taxations entrées en force en lien avec le bouclier fiscal.