Elections cantonales 2027
Cette fois ça y est: le Centre Vaud lâche définitivement Valérie Dittli

C'est la rupture entre la ministre et son parti: le 14 juillet, le Comité de présidence du Centre Vaud lui a formellement retiré son soutien. La Conseillère d'Etat aurait agité le spectre de partir seule en campagne hors parti, menaçant le siège du parti à l'Exécutif.
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Valérie Dittli aurait du mal à accepter le désaveu du Centre Vaud et serait entrée en résistance.
Photo: KEYSTONE
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Myret ZakiJournaliste Blick

Cette fois, c'est la rupture entre Valérie Dittli et les organes dirigeants du Centre Vaud. Le 14 juillet, le Comité de présidence, dirigé par Giancarlo Sergi, s'est réuni en plénière et a pris sa décision: il retire son soutien pour de bon à la conseillère d'Etat, a appris Blick.

En majorité, soit à 7 voix contre 2, les membres du Comité de présidence ne soutiennent plus une candidature de la ministre sortante pour le Conseil d'Etat, selon nos informations. Suite à cela, Valérie Dittli aurait menacé de quitter le parti et d'aller seule en campagne, au risque de faire perdre au Centre son siège au Conseil d'Etat. 

Pas résolue à jeter l'éponge

Pour rappel, Valérie Dittli aurait dû communiquer sa décision pour 2027 ce 11 août au Comité de présidence. La ministre sortante aurait envisagé de se représenter. Mais lorsqu'elle a appris qu'elle était désavouée, elle aurait tenté d'imposer au Comité de revoter. Le président Giancarlo Sergi lui aurait opposé une fin de non-recevoir. Elle aurait alors menacé, si elle n'était pas endossée par le parti, de le quitter pour partir seule en campagne, agitant le spectre d'une récupération d'électeurs du Centre. Officiellement, elle reporté sa décision de quelques jours, laissant le parti paralysé faute de clarté quant à la candidature 2027.

Selon nos informations, Valérie Dittli envisagerait alternativement de passer en force sous la bannière du Centre Vaud, en misant sur un soutien majoritaire de l'assemblée générale du 2 septembre. Dans la perspective de cette AG, la conseillère d'Etat se serait lancée dans une course contre la montre en vue de rallier des voix supplémentaires. Des soutiens potentiels seraient actuellement contactés, sur la base des anciennes listes électorales du parti, en vue de mobiliser autant de voix que possible d'ici au 2 septembre.

Entre-temps, le 20 août, le Comité cantonal du Centre Vaud, l'organe politique et stratégique du parti, devra aussi se prononcer. Valérie Dittli pourra s'exprimer pour défendre sa position, puis elle devra quitter la salle durant les délibérations, d'après l'une de nos sources. Selon toute vraisemblance, le Comité cantonal devrait suivre le Comité de présidence et retirer également son soutien à la ministre. Dans ce cas, le 2 septembre, aucun des deux organes dirigeants du parti n’appellera au soutien de Valérie Dittli face à l'assemblée des délégués, qui réunit la base du parti. 

Soupçons liés au faux document

A l'interne du parti, les tensions n'ont jamais été aussi élevées que ces derniers jours. Des membres du Comité de présidence sont soupçonnés d'avoir contribué à fabriquer ou à diffuser le faux document, dont l'existence a été révélée par Blick, selon lequel Giancarlo Sergi aurait ambitionné en secret de remplacer Valérie Dittli comme candidat au Conseil d'Etat. Ce que l'intéressé a vivement démenti, menaçant de porter plainte pour falsification de document. Ce faux document aurait été fabriqué dans le but de discréditer Giancarlo Sergi, selon nos sources. 

Au sein du Comité de présidence, seules deux personnes, minoritaires, ont voté le 14 juillet en faveur de la ministre: la vice-présidente Jacqueline Bottelang-Pittet, et le membre de Lavaux-Oron Laurent Chaubert, selon nos informations.

Désormais, certains membres du Comité de présidence, y compris parmi ceux qui la soutenaient il n'y a pas si longtemps, chercheraient à convaincre la conseillère d'Etat décriée de ne pas se représenter. 

Climat toxique à l'extrême

C'est parce qu'elle est convaincue de sa popularité intacte que cette dernière envisagerait la possibilité de faire cavalier seul. Des membres du Centre Vaud rapportent l'avoir entendue dire: «Ce n'est pas le Centre Vaud qui m'a amenée au Conseil d’Etat, c’est moi qui ai amené le Centre Vaud au Conseil d’Etat». 

Le climat est devenu si toxique à l'interne, que des membres ont une autre crainte: celle d'un blocage par Valérie Dittli si l'assemblée générale devait voter contre elle. Si elle entamait une procédure judiciaire pour contester un vote négatif, cela risquerait de paralyser encore le lancement d'une nouvelle candidature, prétéritant la campagne du Centre Vaud pour le Conseil d'Etat. 

Menace de «candidature pirate»

La détérioration des relations entre Valérie Dittli et la section vaudoise de son parti est si rapide, que cette dernière devient clairement perçue comme une menace aux yeux de membres du Centre Vaud.

Ainsi, l'avenir du parti cantonal se jouera en bonne partie le 2 septembre. Le risque ultime, selon des voix internes au parti, serait que Valérie Dittli mette à exécution sa menace et parte en campagne sous une étiquette indépendante, arrachant des voix au Centre Vaud. Un scénario que Blick avait déjà analysé ce printemps. Une telle «candidature pirate» exposerait toutefois Valérie Dittli au verdict ultime: celui des urnes. Et ce dernier pourrait s'avérer moins favorable qu'escompté.

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