«Ce qui compte le plus, c'est le patient». La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a rencontré mardi aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) des personnes transplantées. Parmi elles, l'humoriste Joseph Gorgoni et l'ancien skieur William Besse.
«Il me semblait que c'était vous», a glissé la Jurassienne à celui qui incarne Marie-Thérèse Porchet. «En plus, il s'est moqué de moi dans un spectacle», ajoute-t-elle avec malice en parlant de l'humoriste, greffé d'un poumon. Pour William Besse, c'est d'abord la casquette de «Ski Valais» qui a attiré le regard de la cheffe du Département fédéral de l'intérieur (DFI). «J'ai eu beaucoup de chance. C'est grâce à eux que je suis là», dit l'ancien champion, en montrant le personnel soignant.
Comme lui, 40 à 50 personnes reçoivent un foie parmi la centaine de transplantations menées chaque année aux HUG. A chaque fois, il faut évidemment un donneur. L'un d'entre eux, aux côtés de son ami à qui il a cédé un rein, veut faire passer un message. La réaction de la moitié des gens auxquels il parle montre à quel point des craintes subsistent sur le don d'organe.
«C'est passionnant»
Or, il n'a pas de complication, une semaine après le prélèvement. «Il faut en parler», alors que la transplantation «fait peur à tout le monde», abonde Joseph Gorgoni. Mais c'est le petit Raphaël, un peu plus de deux ans et atteint d'une tumeur hépatique, qui attendrit le plus l'assemblée d'un jour.
Aux côtés de Elisabeth Baume-Schneider, habituée aux costumes et tailleurs du Palais fédéral, une nuée de blouses blanches. Les coordinatrices, véritables «cheffes d'orchestre», l'auront briefée sur le cycle de l'organe heure par heure, de l'annonce d'un donneur à la transplantation.
«Que se passe-t-il si l'hélicoptère ne peut décoller en raison de la météo?», «Vous appelez le receveur directement pendant la nuit?». «C'est passionnant», glisse Elisabeth Baume-Schneider après avoir posé plusieurs questions. «L'appel au receveur, c'est le moment le plus émouvant», lui explique l'une des responsables.
«On sauve des vies ici»
Pour la conseillère fédérale, ces visites, qu'elle fait trois ou quatre fois par an dans des hôpitaux et des centres de soins, permettent de voir «le lien sur le terrain» de politiques parfois techniques. Le nouveau système du consentement présumé pour les prélèvements doit entrer en vigueur en 2027.
La mise en consultation des ordonnances est terminée et le nouveau système d'identification électronique (e-ID) a été approuvé. Les HUG s'attendent à une augmentation de 10 à 15% des organes disponibles face à la pénurie actuelle.
«Pour moi, ce qui compte le plus, c'est le patient. On voit qu'on sauve des vies ici», dit-elle à Keystone-ATS. Elle en ressort avec «beaucoup d'émotion et de reconnaissance» envers le personnel. Elle a pris la mesure du nombre de professionnels requis pour une greffe. «Je suis vraiment impressionnée», ajoute-t-elle. «Je crois que je serai assez prête» à céder un organe, confie-t-elle. «Qu'est-ce que je peux vous donner ?», enchaîne-t-elle auprès d'un membre du personnel soignant. Avant de préciser qu'elle a elle-même sa carte de donneuse.