Des premiers résultats très encourageants
Cette équipe des HUG lutte contre le crack directement dans la rue

Depuis 2023, le projet RUE des HUG à Genève aide 300 usagers de crack grâce à des soins et un accompagnement social dans la rue. Plus de la moitié d'entre eux ont réduit ou cessé leur consommation.
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Arrivé en 2021, le crack a profondément marqué certains quartiers de Genève.
Photo: DR
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Leo VonlanthenJournaliste Blick

A Genève, le projet RUE des HUG propose depuis la fin 2023 des soins aux consommateurs de crack en se rendant directement auprès d'eux dans la rue. La «Tribune de Genève» s'est intéressée de plus près à ce dispositif qui a déjà permis à près de 300 usagers d’entrer dans un parcours de soins.

Arrivée en 2021, cette drogue très addictive a profondément marqué certains quartiers de la Cité de Calvin, notamment celui des Grottes, avec son lot de violences et un sentiment d'insécurité grandissant. Face des consommateurs souvent marginalisés et difficiles à atteindre, les équipes médico-sociales ont donc choisi d’«aller vers» les usagers. Médecins, infirmiers, travailleurs sociaux et pairs aidants – à l'image de José Bonvin, ancien toxicomane abstinent depuis plus de 20 ans – mènent des maraudes quotidiennes pour offrir soins, matériel de réduction des risques et accompagnement social.

Soins, stabilisation, réduction

L’absence de traitement de substitution à la cocaïne, composante essentielle du crack, complique la prise en charge, souligne Boris Baldo, infirmier pour le projet, dans les colonnes du quotidien genevois. L’objectif est donc de faciliter l'accès aux soins et d'œuvrer à stabiliser les situations en favorisant l'accès au logement, une démarche rendue très compliquée par les contraintes administratives.

Pour ce qui est de la dépendance, le projet RUE ne mise pas directement sur un arrêt total de la consommation, l'addiction étant souvent le fruit d'un mal-être plus profond. Dans un premier temps, c'est donc un travail sur celui-ci ainsi qu'une réduction de la prise de substance qui sont recherchés. A ce titre, des activités comme la boxe ou l’équithérapie sont proposées pour aider à reprendre confiance et à espacer la prise de substance.

Des tendances encourageantes

Selon des premiers résultats, 61% des participants au projet RUE sont restés dans le circuit de soins. Plus de la moitié d'entre eux (57%) ont réduit ou cessé leur consommation.

Pour Tiphaine Robet, médecin responsable du projet, et Juliana Santos-Cruz, infirmière spécialisée en soins d'urgence, les personnes les plus précaires ne peuvent être atteintes sans ce type de modèle. Toutes deux appellent à ce titre à un renforcement des moyens, notamment en matière d’hébergement d’urgence et d’accompagnement social.

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