Paillettes, énergie festive et revendications politiques: la soirée drag du Montreux Jazz – samedi dernier sur la scène gratuite Spotlight – a trouvé son public. «Mesdames et messieurs, et tout ce qu’il y a au milieu, quand des artistes cherchent une scène, Montreux répond présent», lance à la foule Royale Cattin, maîtresse de cérémonie du soir.
Pour la seconde année consécutive, l’alter ego drag queen du comédien jurassien Davide Brancato a présenté une série de performances hautes en couleurs et en émotions. Effeuillage burlesque, danse lascive et surtout lip syncs endiablés – lorsque les drags chantent en playback – se sont emparés de la scène.
Des stars du Montreux Jazz à celles du Drag
Des DJs en tous genres ont aussi animé la soirée, qui avait débuté par un loto presque traditionnel, remis à la mode par le monde du drag. Puis, se sont succédé sur scène des stars du drag francophone, comme la genevoise Moon et la Parisienne Soa de Muse – toutes deux passées par l’émission Drag Race, ainsi que des drags romands.
Du haut de ses talons aiguilles, derrière son corset serré laissant apparaître des poils de torse et sous sa perruque rousse flamboyante, Royale Cattin a tenu à célébrer le côté queer du Montreux Jazz. Pour cette 60e édition anniversaire, les références à David Bowie et à Freddy Mercury, icônes aussi bien de la musique que de la communauté LGBTQIA+, n’ont pas manqué.
Un art de la revendication
«Pour moi, ils sont aussi des drag queens et des drag kings, explique Royale Cattin. Ce sont des artistes qui portent un message. On ne peut pas faire de Drag sans avoir rien à revendiquer.» Pour «toucher un autre public», elle estime nécessaire de ramener ce genre d’évènements dans des grands festivals.
Interrogée par Blick, la drag queen mystique Moon s’amuse de revenir au festival où elle a rencontré son conjoint, cette fois dans un rôle d’artiste. «Je vais à Montreux depuis toute petite, surtout dans les scènes gratuites, parce que ça peut être un peu cher. Pouvoir être sur scène à Montreux, c’est génial.»
C’est sûr, ce samedi à Montreux Jazz, beaucoup de spectateurs ont découvert le drag sur scène pour la première fois. Peu d’entre eux sont restés indifférents devant les performances proposées. «L’art du drag est plus visible que par le passé, mais ne sera jamais mainstream. Il sera toujours fait pour les marginaux», conclut Moon.