Il fallait arriver tôt, ou carrément poser son après-midi, pour espérer truster une place au premier rang du Stravinski ce lundi. Ça tombe bien: à leur âge, les fidèles les plus acharnés de PinkPantheress ont le temps de faire le pied de grue. Dans la file, les grappes de jeunes semblent pourtant sorties d'un autre temps. Les crop tops à paillettes, les jeans larges et les jupes à carreaux dignes d'un clip MCM Top de 2003 nous rappellent que toutes les époques ont le droit à leur revival.
Mais ne vous y trompez pas, ce show est bien celui d'une des artistes les plus en vue de l'année (la décennie est encore jeune pour se prononcer). Loin d'être un pur cliché nostalgique, sa musique emprunte tantôt à l'esthétique Y2K, tantôt aux vibrations électroniques de la culture club anglaise (UK Garage, 2-step, drum'n'bass). Et, par-dessus tout, PinkPantheress a ce petit quelque chose: un ton, une modernité, une patte… chacun trouvera son appellation.
La Britannique, révélée sur les réseaux sociaux à la faveur de titres aussi soignés qu'addictifs («Pain», «Boy's a Liar Pt. 2» ou encore «Stateside»), a connu une ascension fulgurante mais toujours maitrisée. Passée de productrice de génie, façonnant ses tubes en 2021 dans l'intimité de sa chambre d'étudiante, à pop star internationale illuminant les scènes du monde entier, Victoria Walker, de son vrai nom, est venue prouver au public de Montreux que l'étoile montante ne sera décidément pas filante. Blick l'a rencontrée quelques minutes avant son entrée sur scène.
PinkPantheress, vous vous apprêtez à jouer pour la première fois en Suisse. Comment vous sentez-vous?
C'est vraiment génial, sincèrement. Je disais justement qu'il fallait absolument que je revienne ici en vacances. C'est probablement dans le top 3, voire le deuxième plus bel endroit que j'aie visité de toute ma vie.
C'est flatteur! Et quel serait le premier?
Je ne sais pas trop… mais je le place en deuxième position au cas où j'oublierais un autre endroit. Mais c'est époustouflant, vraiment magnifique.
Avant d'arriver ici, quelle image aviez-vous du Montreux Jazz?
Pour être honnête, je ne connaissais pas vraiment. Je ne suis pas une grande habituée des festivals, c'est un monde qui m'a été longtemps étranger. Je n'ai commencé à m'y intéresser que lorsque j'ai dû m'y produire. Par exemple, je ne savais même pas vraiment ce qu'était Coachella avant d'y jouer. Mais quand j'ai entendu parler de Montreux, tout le monde s'est mis à en faire l'éloge en me disant: «Il faut absolument que tu le fasses!» Je me suis dit que ça avait l'air d'être un événement iconique. Et de toute évidence, ça l'est!
Avec le temps, le festival s'est largement ouvert musicalement, mais l'esprit «jazz» imprègne toujours l'événement. C'est un genre qui vous parle?
J'en ai écouté un peu, oui. J'ai écouté mon ami Dustin Conrad, qui a sorti un album de jazz au début de l'année. J'aime aussi beaucoup Robert Glasper. Je ne dirais pas que je connais tout sur le bout des doigts, mais j'ai quelques bases. Quand j'étudiais la musique, j'ai dû me pencher un peu sur Miles Davis. Donc je m'y connais un tout petit peu grâce à ça, mais au-delà, je ne suis pas une experte.
En 2021, le monde découvrait une beatmakeuse dans sa chambre d'étudiante. Aujourd'hui, vous remplissez les plus grandes scènes partout dans le monde. Etre une pop star, ça s'apprend?
Oui! Et j'ai l'impression d'apprendre tous les jours. Pendant les deux premières années, je faisais simplement les choses à ma manière. Mais avec le temps, en observant d'autres artistes, j'ai réalisé que je voulais rendre mon projet plus professionnel et plus abouti. Au début, je m'en fichais un peu, je ne cherchais pas du tout à ressembler à une pop star.
Qu'est-ce qui a changé?
En grandissant, j'ai trouvé intéressant de façonner mon image en accord avec ma musique, plutôt que de laisser la musique faire tout le travail. J'ai donc beaucoup appris en regardant mes musiciens préférés. Je me demandais comment ils faisaient et j'essayais de m'en inspirer pour gagner en assurance.
Quel est l'aspect le plus difficile à apprendre?
Le plus dur a sans doute été d'apprendre à me produire sur scène, car je suis de nature très timide. Avant, j'étais vraiment mauvaise en live. J'ai dû apprendre à bouger, à intégrer des chorégraphies, et même à bien utiliser mon auto-tune sur scène. Ça a été un long processus pour moi, mais je pense m'être beaucoup améliorée aujourd'hui.
Vous avez déclaré être «née sur Internet». Comment est votre rapport avec les réseaux?
J'étais beaucoup plus présente en ligne avant. Je répondais à tout le monde en message privé. Mais à un moment donné, j'ai réalisé qu'Internet m'amenait à lire des commentaires et des histoires que je n'aurais pas dû voir. Je pense que je suis là où j'en suis parce que les gens m'ont un peu taquinée ou critiquée. Mais il était devenu crucial pour moi de prendre mes distances. A une époque, j'étais connectée en permanence avec chaque fan. Aujourd'hui, je ne communique en message privé qu'avec mes pages de fans.
Avez-vous une influence non-musicale pour votre concert de ce soir?
J'aime énormément ce que font les Chemical Brothers sur scène avec leurs jeux de lumière. Je suis obsédée par les lasers. Je n'en utilise pas encore, mais c'est vraiment quelque chose que j'aimerais intégrer. Leurs concerts m'inspirent beaucoup.
Quelle est la durée parfaite pour une chanson?
Pour être honnête – et ça va sonner comme une échappatoire – la durée parfaite, c'est celle qui convient à l'artiste une fois qu'il estime que la chanson est terminée. Aujourd'hui, quand je vois qu'un morceau fait 3 minutes 15, je me dis: «Oh, c'est bien». Mais pour mes propres chansons, 2 minutes 30, c'est très bien.
Comment choisissez-vous les artistes avec lesquels vous collaborez?
Si j'aime vraiment leur musique, je collabore avec eux. J'aime particulièrement travailler avec des femmes racisées. Mais de manière générale, si le travail de quelqu'un me plaît, je serai toujours partante.
Vous êtes une génie des échecs: quel est votre classement sur Chess.com?
Je n'en ai pas! Je n'y suis pas inscrite. Toute ma famille est sur l'application, mais pas moi.
Et pour finir, comment décririez-vous l'atmosphère de votre éventuel prochain projet?
Je ne sais pas du tout, je n'ai pas encore commencé. Mais… je dirais peut-être un peu plus «emo».
La possibilité de s'entretenir (lorsque les étoiles s'alignent) avec des artistes célèbres figure sans doute parmi les tâches journalistiques les plus jalousées. Et, au fond, ce n'est vraiment pas juste que nous gardions tout ce privilège rien que pour nous! En cette saison de festivals 2026, nous avons donc décidé de vous confier le micro: tout au long de l'été, via les réseaux sociaux de Blick, vous aurez la possibilité de nous envoyer des questions pour les musiciennes et musiciens que nous aurons la chance d'interviewer. Notre mission, à nous, sera simplement de les leur poser. On vous tient au courant sur Instagram!
Avez-vous une influence non-musicale pour votre concert de ce soir?
J'aime énormément ce que font les Chemical Brothers sur scène avec leurs jeux de lumière. Je suis obsédée par les lasers. Je n'en utilise pas encore, mais c'est vraiment quelque chose que j'aimerais intégrer. Leurs concerts m'inspirent beaucoup.
Quelle est la durée parfaite pour une chanson?
Pour être honnête – et ça va sonner comme une échappatoire – la durée parfaite, c'est celle qui convient à l'artiste une fois qu'il estime que la chanson est terminée. Aujourd'hui, quand je vois qu'un morceau fait 3 minutes 15, je me dis: «Oh, c'est bien». Mais pour mes propres chansons, 2 minutes 30, c'est très bien.
Comment choisissez-vous les artistes avec lesquels vous collaborez?
Si j'aime vraiment leur musique, je collabore avec eux. J'aime particulièrement travailler avec des femmes racisées. Mais de manière générale, si le travail de quelqu'un me plaît, je serai toujours partante.
Vous êtes une génie des échecs: quel est votre classement sur Chess.com?
Je n'en ai pas! Je n'y suis pas inscrite. Toute ma famille est sur l'application, mais pas moi.
Et pour finir, comment décririez-vous l'atmosphère de votre éventuel prochain projet?
Je ne sais pas du tout, je n'ai pas encore commencé. Mais… je dirais peut-être un peu plus «emo».
La possibilité de s'entretenir (lorsque les étoiles s'alignent) avec des artistes célèbres figure sans doute parmi les tâches journalistiques les plus jalousées. Et, au fond, ce n'est vraiment pas juste que nous gardions tout ce privilège rien que pour nous! En cette saison de festivals 2026, nous avons donc décidé de vous confier le micro: tout au long de l'été, via les réseaux sociaux de Blick, vous aurez la possibilité de nous envoyer des questions pour les musiciennes et musiciens que nous aurons la chance d'interviewer. Notre mission, à nous, sera simplement de les leur poser. On vous tient au courant sur Instagram!
Parlons de votre musique. Elle est très ancrée dans les années 2000, le 2-step et le UK Garage – des sons très typés. Comment rendre hommage sans tomber dans le cliché?
J'essaie d'éviter les samples trop évidents que tout le monde connaîtrait déjà. Je ne veux pas utiliser une mélodie populaire juste pour en faire un tube. J'essaie plutôt de reprendre des mélodies d'artistes que j'apprécie pour les faire découvrir à un nouveau public. Mon but est vraiment de mettre en avant des sonorités qui, selon moi, n'ont pas encore été pleinement exposées à l'international.
Vous sentez-vous plus productrice ou chanteuse?
Je pense sincèrement être une meilleure productrice. Mais pour ce que je fais, il est essentiel de me présenter comme une pop star, car la plupart des gens ne se demandent pas qui sont les producteurs derrière leurs chansons préférées. Je ne voudrais pas qu'ils passent à côté de ma musique simplement parce qu'ils n'ont pas compris que j'étais avant tout productrice. Cela dit, je suis ravie de voir que le public comprend de plus en plus que je fais les deux. C'est une grande partie de mon histoire: le fait d'avoir commencé en composant toutes mes chansons seule dans ma chambre.
Si vous deviez choisir entre les deux?
Si je devais choisir de faire durer une carrière plus que l'autre, je serais probablement productrice plus longtemps que pop star. Je sens qu'à un moment donné, j'aurai envie de me poser et d'arrêter les tournées incessantes. Mais j'adorerais continuer à produire pour d'autres artistes.