Un mort et 12 blessés en Engadine
«Je suis heureuse d’être encore en vie»: une survivante de la calèche témoigne

L'accident de calèche survenu samedi dans la vallée de Roseg (GR) a fait un mort et douze blessés. Il serait dû à une défaillance des freins. Une des victimes raconte à Blick comment elle a survécu à l'accident.
Patricia T.*, était assise dans la première calèche, juste devant la personne qui n'a pas survécu à l'accident.
Photo: zVg
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Ralph Donghi

Il s'agit de l'un des pires accidents de calèche de ces dernières années. Samedi, un attelage de trois chevaux tirant une calèche à deux remorques a dérapé dans la vallée de Roseg (GR). Une femme de 73 ans, originaire d'Argovie, a perdu la vie et douze personnes ont été blessées, dont certaines gravement. Selon les premiers éléments, une défaillance au niveau des freins serait à l’origine de l’accident. Une procédure pénale pour homicide par négligence vient d'être ouverte à l’encontre de la société exploitant la calèche.

Si de nombreuses voies se sont émues de ce drame, personne n’avait encore témoigné parmi les passagers de la calèche. Blick a pu s’entretenir avec Patricia T.*, une passagère originaire de la région de Lenzbourg (AG). Elle a accepté de revenir sur cette expérience traumatisante.

La retraitée, qui se trouvait à bord de la calèche au moment du drame, a fort heureusement pu rentrer chez elle depuis. «Je vais bien, compte tenu des circonstances», déclare Patricia T., qui s'en est tirée qu'avec quelques contusions au niveau des côtes. Elle ajoute: «Je suis vraiment heureuse d’être encore en vie.»

Au début, tout se passe bien

Jeudi dernier, Patricia T. est partie pour un séjour de quatre jours en Engadine avec 32 autres personnes originaires d'Argovie. Un voyage organisé par l'agence Frey, basée à Schlossrued (AG). «J’ai déjà réservé plusieurs fois auprès d’eux, explique la retraitée. Mais il ne s’était jamais rien passé.»

Au début, tout s'est déroulé comme prévu. «Jeudi, nous avons pris le car pour nous rendre dans un hôtel à Le Prese. Vendredi, nous avons participé à une dégustation de vins et savouré un délicieux repas. C’était une belle journée.»

Samedi encore, tout semblait se dérouler à merveille. «Nous avons d’abord pris le Bernina-Express jusqu’à Pontresina», raconte Patricia T. Après y avoir fait une brève halte, ils ont emprunté une calèche aux environs de la vallée de Roseg, où ils ont déjeuné.

«Vers 14h45, nous avons repris la calèche et avons entamé le chemin retour.» L'attention de la retraitée a alors été retenue par un détail: «Il y avait plusieurs calèches attelées aux chevaux. Non pas une, mais trois!» Elle n’a toutefois pas eu de mauvais pressentiment avant le départ. «Je n’ai rien remarqué de négatif non plus. Le cocher était d’ailleurs très sympathique.»

Le cocher aura tout essayé

Mais la situation a subitement viré au drame. «J’étais assise dans la première voiture», raconte Patricia T. Elle apprendra plus tard que la victime était assise juste derrière elle, tout à droite. Elle ne lui avait jamais parlé avant l’accident et ne la connaissait pas.

«Soudain, nous avons accéléré de plus en plus vite, le cocher n’arrivait plus à freiner correctement. Sur une distance d’au moins 200 mètres. Les chevaux tiraient sans relâche, pour une raison que j’ignore. Le cocher a tout essayé, il a crié 'Brrr' à plusieurs reprises et a tiré sur les rênes.» En vain.

«
Tout s’est passé si vite que personne n’a eu le temps de crier
Patricia T.*, passagère de la calèche accidentée
»

Patricia T. ajoute: «Tout à coup, un cheval a trébuché et nous avons percuté un arbre avec la calèche. Tout s’est passé si vite que personne n’a eu le temps de crier.» L’attelage a alors atterri sur le cheval. «Nous sommes tous descendus rapidement. A l’exception, bien sûr, de la défunte. Je n’ai pas pu regarder, je ne voulais pas non plus.» Le cheval s’est alors relevé et s’est d’abord enfui dans la forêt. «Il est ensuite revenu. A part une écorchure à la patte, il allait bien, tout comme les deux autres chevaux.»

Une scène dramatique

Des passants sont rapidement venus porter secours aux passagers. «Les personnes indemnes se sont un peu éloignées du lieu de l’accident, et les blessés ont également été mis un peu à l’écart», raconte Patricia T. L'état de choc du cocher l'a profondément marquée. «Pour ma part, je m’en suis sortie avec des contusions aux côtes.»

Au même moment, le compagnon de la défunte s'est précipité vers cette dernière, qui était coincée sous la calèche. Une scène terrible à voir, assure Patrica T. «Certains ont même pleuré.»

La retraitée, elle, n'a même pas eu besoin d'être hospitalisée. Elle a été ramenée chez elle le lendemain par le voyagiste Frey. Avec le recul, elle n’en veut à personne. «C'était le destin, un accident tragique», explique la femme de 67 ans. Et d'ajouter: «Bien sûr, on n'aurait peut-être pas dû atteler autant de voitures. Mais le cocher n'a certainement pas provoqué l'accident intentionnellement.»

Elle voyagera à nouveau avec cette compagnie de calèches et réservera de nouveaux séjours auprès de l'agence Frey. «Peut-être pas tout de suite, mais quand toute cette affaire se sera un peu calmée.» Patricia T. le répète: elle est surtout heureuse d’être encore là. «Et de pouvoir à nouveau rire un peu, sans douleur.»

* Nom modifié

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