Fronde de droite
Fribourg réduit le budget du plan durable de 3 millions

Le Grand Conseil de Fribourg a réduit vendredi le budget du plan durable 2027-2031 à 12,3 millions de francs, contre les 15,3 millions prévus. Ce compromis, soutenu par le Centre, sauve la stratégie cantonale de durabilité.
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Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

La stratégie de développement durable 2021-2031 du canton de Fribourg a subi un revers vendredi devant le Grand Conseil. Le montant en faveur du second plan d'action pour la période 2027-2031 a été raboté de 3 millions de francs, après une fronde menée par le PLR et l'UDC.

Au final, une enveloppe de 12,3 millions a passé la rampe par 66 voix contre 27 et 5 abstentions, la majorité qualifiée requise étant atteinte. Elle est le fruit d'un compromis issu du Centre, premier groupe du parlement, visant à sauver la poursuite de la stratégie de durabilité, après un premier plan pourtant salué par beaucoup de députés.

Deux amendements ont été confrontés, l'un à 12,3 millions de francs, venant des centristes Bojan Seewer et Eric Collomb, l'autre à 10 millions, soumis par le PLR Benoît Glasson, qui siégeait dans la commission ad hoc. Le premier l'a emporté par 54 voix contre 44 voix et 1 abstention, avec le soutien de la gauche et d'une majorité du Centre.

Renvoi repoussé

Les députés devaient se prononcer initialement sur un crédit de 15,3 millions de francs, selon le message du Conseil d'Etat, défendu Jean-François Steiert, directeur de l'environnement. Le projet a même frôlé le renvoi, à la suite d'une demande émanant de la commission des finances et de gestion (CFG), par 8 voix contre 5.

La tentative a été rejetée, en plénum, par 60 voix contre 40 et 3 abstentions, non sans une longue discussion. Ses tenants l'ont motivée, notamment le député PLR Claude Brodard, président de la CFG, par la nécessité de réaliser des économies au vu des perspectives financières «dégradées» du canton.

Le Centre a appelé, par la voix de la députée Annick Remy-Ruffieux, à la responsabilité post-LAFE, après le refus le 26 avril de la loi sur l'assainissement des finances de l'Etat, soumise à un référendum déposé par la gauche et les syndicats. L'objectif consiste à maintenir les mesures les plus efficaces, notamment dans le social.

Rôle de repère

Le nouveau plan, à retoucher, prendra le relais du premier cycle 2021-2026. Il doit poursuivre l’effort et consolider les acquis jusqu’au terme de la stratégie en cours, a expliqué Jean-François Steiert, en rappelant que le développement durable figurait dans la Constitution cantonale et était soutenu par un cadre légal dédié.

La notion de durabilité joue un rôle de «repère» pour l’action publique, a noté le conseiller d'Etat en présentant les enjeux. Pour mémoire, après une première démarche, le canton de Fribourg s’est doté en 2021 d’une nouvelle stratégie l’horizon 2031, stratégie alignée sur les objectifs de l’ONU et de la Confédération.

Le renouvellement à mi-parcours permet d’ajuster les priorités au contexte cantonal actuel et de garantir une utilisation efficace des ressources. Le nouveau plan s’inscrit en continuité avec le plan d’action précédent, consolidant ce qui fonctionne, et poursuivant les efforts entamés pour ne pas perdre les gains acquis.

Approches testées

Y figurent la prévention des troubles psychiques chez les jeunes, les projets d’économie circulaire et l'insertion professionnelle des jeunes sans emploi. Il veut aussi susciter le changement en testant des approches répondant à des besoins émergents (prévention du harcèlement en écoles professionnelles ou conciergeries sociales).

«Le nouveau plan d’action répond à des défis concrets identifiés par toutes les directions de l’Etat et les parties prenantes», a souligné Jean-François Steiert. Les mesures sont «utiles et proportionnées». Elles combinent autant que possible objectifs sociaux, environnementaux et économiques, a-t-il insisté.

«En anticipant des coûts sociaux, sanitaires et environnementaux, il évite des dépenses plus lourdes demain», a ajouté Jean-François Steiert, aux yeux duquel «les actions préventives sont plus économiques que les correctives». Le premier plan d'action en cours se monte à 15,3 millions de francs.

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