Drame de Chiètres
Pourquoi toujours plus de patients instables se retrouvent à la rue

L'homme s'étant immolé par le feu dans un bus à Chiètres (FR), le 10 mars, souffrait de graves troubles psychiques. La «NZZ am Sonntag» révèle que les hospitalisations en psychiatrie se raccourcissent de plus en plus, en Suisse.
L'auteur présumé du drame de Chiètres (FR) était un homme de 65 ans qui vivait marginalisé dans un camping-car.
Photo: Keystone
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Ellen De MeesterJournaliste Blick

Le 10 mars, six personnes ont péri dans les flammes, lorsqu'un sexagénaire s'est immolé dans un car postal à Chiètres (FR). On sait désormais que l'auteur présumé, un homme de 65 ans souffrant de graves troubles psychiques, était placé sous curatelle et était déjà connu du domaine médical avant de passer à l'acte. 

D'après le «Tages Anzeiger», l'individu s'était rendu volontairement dans un hôpital bernois pour un «problème médical», mais l'avait quitté quelques heures avant de se donner la mort. En constatant son absence, peu avant 13h, les équipes de l'établissement s'étaient empressées d'en avertir la police, laquelle n'a malheureusement pas été en mesure de localiser l'homme avant l'incident. On sait également que ce dernier vivait marginalisé dans un camping-car, stationné dans un village du canton de Berne, depuis plusieurs années.

Après cette tragédie, la «NZZ am Sonntag» pointe une réalité inquiétante: l'hospitalisation des personnes concernées par des problèmes psychiques est de plus en plus courte, en Suisse, contraignant ces patients à de longues errances, vivant entre la rue et les centres d'hébergement d'urgence, alors que leurs troubles sont graves. 

Des lacunes dans la prise en charge

En effet, d'après nos confrères, la durée moyene d'un séjour est passée de 55 à 32 jours, ces vingt dernières années. La raison? Une hospitalisation trop longue risquerait de rendre la réintégration plus difficile, après le séjour. Selon Matthias Jäger, président du conseil de fondation de Pro Mente Sana, interrogé par la «NZZ am Sonntag», cela provoque néanmoins de «grandes lacunes» dans la prise en charge des personnes concernées. 

Ainsi que le rappelle «24 Heures», une étude menée en 2025 par le service de santé de la ville de Zurich soulignait que 96% des personnes vivant dans les structures d'hébergement d'urgence zurichois souffrent d'une maladie psychique. Un tiers d'entre elles seraient en outre touchées par une forme de schizophrénie. D'après les auteurs de la recherche, «la crainte selon laquelle il fallait s'attendre à une pression accrue sur les établissements d'hébergement en raison de durées de séjour de plus en plus courtes dans les cliniques psychiatriques semble s'être confirmée». 

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