La mousse acoustique qui a pris feu lors du dramatique incendie du Constellation fait partie des principales interrogations des enquêteurs, et notamment l'origine de ce matériau. Cela doit permettre de déterminer si Jacques Moretti savait, au moment où il l'a achetée, si cette mousse répondait ou non aux normes de sécurité incendie. La patron a changé plusieurs fois son fusil d'épaule à ce sujet.
Pour commencer, le propriétaire avait affirmé s'être procuré cette mousse en 2015 chez Hornbach, au moment où il avait rénové le bar. Mais cette affirmation s'est avérée erronée, le magasin de bricolage ayant indiqué ne proposer «aucune plaque de mousse acoustique à relief dans son assortiment» à cette époque.
Dans un deuxième temps, le propriétaire a remis aux autorités une facture du site de vente en ligne allemand Fortis. Dans une lettre de son avocat, Maître Patrick Michod, adressée au ministère public valaisan et consultée par Blick, on peut lire: «Mon client a retrouvé une facture de 2015 au nom de Fortis et l’a transmise aux enquêteurs, convaincu qu’elle correspondait à l’achat des panneaux de mousse qui recouvraient le plafond du bar Le Constellation.» Mais, apparemment, cela n'est pas vrai non plus.
Les images ne correspondent pas
Les plaques en mousse vendues par le détaillant en 2015 ne semblaient pas correspondre à celles que l'on a pu voir sur les terribles images qui ont fait le tour du monde après le drame lors du passage de l'an. Et l'avocat de rectifier: «Mon client a découvert par la suite que la mousse présentée sur le site web à l'époque, qui correspondait à la description figurant sur la facture qu'il a soumise à la justice, n'avait pas le même aspect que celle dont il se souvient lors de la pose en 2015.»
En d'autres termes: Jacques Moretti n'aurait probablement pas effectué l'achat de la mousse chez le fournisseur allemand. «La facture retrouvée et transmise ne correspond peut-être pas à une commande passée chez Fortis», écrit encore l'avocat.
Le mystère reste entier
Le propriétaire du Constellation est désormais convaincu que la mousse acoustique a en réalité été commandée ailleurs. «Toutefois, il convient de préciser que mon client reste persuadé d'avoir acheté cette mousse en ligne auprès d'un fournisseur allemand après sa visite à Hornbach», a déclaré son avocat. Alors, d'où vient cette mousse? «Mon client est actuellement dans l'incapacité de fournir des réponses à ce sujet», ajoute l'homme de loi. Jacques Moretti est toutefois convaincu que les différents documents saisis lors de la perquisition de ses locaux apporteront des réponses claires quant à l'origine des matériaux utilisés lors de la rénovation du bar.
Quant aux changements de version de la part du patron du bar, Me Michod l'explique par la pression médiatique. «Cela l'a probablement poussé à vouloir fournir des informations à tout prix, ce qui l'amène évidemment à agir précipitamment et à commettre des erreurs.» Les enquêteurs se retrouvent ainsi devant une nouvelle énigme, qui va être très compliqué à élucider.