Des photos le prouvent
Le gérant du bar «Le Constellation» aurait rétréci l'escalier

Des photos indiquent que le propriétaire du bar «Le Constellation» à Crans-Montana a réduit la largeur de l'escalier pendant des travaux de rénovation en 2015. Beaucoup de victimes de l'incendie sont restées prises au piège dans cet escalier trop étroit.
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Des photos publiées sur le compte Facebook du gérant du bar «Le Constellation» montrent les travaux de rénovation en 2015.
Photo: Facebook

L'étroit escalier reliant le sous-sol au rez-de-chaussée du bar «Le Constellation» à Crans-Montana a été fatal pour de nombreuses victimes. Les jeunes tentaient de fuir le bâtiment en flammes mais sont restés piégés dans un goulot d'étranglement, provoqué par une bousculade générale. Des photos publiées sur la page Facebook du gérant – Jacques Moretti — montrent que cet escalier avait été rétréci lors de travaux de rénovation en 2015.

Le propriétaire a déclaré avoir rénové lui-même le bar et documenté les travaux. Les photos montrent aussi la pose du fameux isolant en mousse au plafond, qui s'est enflammé rapidement d'après des vidéos relayées sur les réseaux sociaux.

Le bar «Le Constellation» avait été contrôlé «trois fois en dix ans», a assuré son propriétaire et gérant, cité par des médias. Il a assuré que «tout s'est fait dans les normes» et a promis de coopérer à l'enquête. Les propriétaires du bar, qui n'ont pu être contactés par Keystone-ATS, sont un couple de Français. Interpellé samedi par quelques journalistes, dont un de l'AFP, devant son domicile de Lens (VS), le mari a lancé: «laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil.»

«Tout dans les normes»

«Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider à clarifier les causes de ce drame. Nous mettons tout en œuvre à cet effet. Nos avocats sont également mobilisés», a-t-il ajouté, toujours selon 20minutes.ch. L'établissement a été contrôlé «trois fois en dix ans» et «tout s'est fait dans les normes», a-t-il ajouté à la Tribune de Genève et 24 heures.

Le couple a été entendu par les enquêteurs à titre de «personnes appelées à donner des renseignements» et non en tant que prévenus, a précisé vendredi la procureure générale Béatrice Pilloud lors d'une conférence de presse. Ils ont notamment été interrogés sur la disposition des lieux, les travaux de rénovation et la capacité d'accueil du bar. D'après les informations des médias, l'homme ne se trouvait pas au Constellation au moment du drame, mais dans l'un des deux autres établissements du couple. Sa femme, présente sur les lieux lors de l'incendie, a été légèrement blessée, mais a pu rentrer chez elle.

Plus tard dans la journée, le parquet valaisan a annoncé l'ouverture d'une instruction pénale à l'encontre des deux exploitants de l'établissement.

La mousse à la loupe

Au vu des premiers éléments de l'enquête, «tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne» et «tout a été approché de trop près du plafond», a indiqué Béatrice Pilloud vendredi.

Selon des images qui circulent sur les réseaux sociaux, une personne juchée sur les épaules d'une autre aurait ainsi mis le feu par accident au plafond. L'enquête va notamment porter sur une mousse anti-bruit appliquée au plafond du bar ravagé, alors que plusieurs témoins ont pointé cet aspect de l'incendie. «L'enquête déterminera si cette mousse est conforme» ou pas, a relevé la magistrate.

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