Des Etats-Unis à l'Italie, l’émotion dépasse les frontières
La tragédie de Crans-Montana bouleverse le monde entier

L’incendie du bar «Le Constellation» à Crans-Montana, survenu lors du Nouvel An, a fait au moins 40 morts et 119 blessés. La presse internationale évoque un drame glaçant, des scènes de panique et une émotion qui dépasse les frontières.
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L'incendie survenu au bar «Le Constellation» émeut fortement la presse internationale.
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Solène MonneyJournaliste Blick

«Tragédie», «choc», «chaos», «terreur»: à l’international, l’incendie qui a ravagé «Le Constellation» à Crans-Montana pendant la nuit du Nouvel An est décrit comme un drame d’une rare violence. La catastrophe a profondément marqué la Suisse et provoqué une onde de choc bien au-delà de ses frontières.

Du Japon aux Etats-Unis, en passant par l’Angleterre et l’Italie, de nombreux médias étrangers ont consacré leur une à cette nuit funeste qui, selon les premiers bilans, a fait au moins 40 morts et 119 blessés, dont une majorité en état «d’urgence absolue». Partout, les récits insistent sur la brutalité de l’incendie, qui s’est déclenché et propagé en quelques secondes. Des scènes de panique, des jeunes fuyant par la seule sortie disponible ou brisant des fenêtres pour échapper aux flammes, sont rapportées avec effroi.

«Une scène effroyable»

CNN parle d’une «combinaison mortelle»: un plafond recouvert de matériaux inflammables, un bar bondé de jeunes se précipitant vers l'unique sortie trop étroite. «The Guardian» évoque une scène «effroyable» et décrit la rapidité de la propagation des flammes visibles dans une vidéo montrant un jeune homme tentant, en vain, d’éteindre le feu avec son t-shirt.

Le quotidien britannique souligne l’émotion au Royaume-Uni, où plusieurs jeunes étaient présents. Il note que le bar était accessible aux mineurs, un point qui interroge plusieurs rédactions internationales. Reuters rapporte que les jeunes piégés au sous-sol n'ont pas immédiatement pris la mesure de la dangerosité de la situation: «On criait: 'Au feu! Au feu!' et puis on a cru que c’était une blague ou que ce n’était pas grave. Et puis soudain, un énorme nuage de fumée noire, on ne pouvait plus respirer», explique un témoin à l'agence britannique.

Des interrogations sur les normes

En Italie, «La Repubblica» pointe des manquements graves aux normes de sécurité: bougies à étincelles utilisées à l’intérieur, isolant phonique visible et inflammable, issues de secours mal indiquées. Le journal cite des témoignages évoquant une sortie secondaire au sous-sol, restée invisible faute de signalisation lumineuse.

Un détail glaçant ressort: «De plus, le restaurant était meublé de nombreux éléments en bois, notamment les chaises et le plafond: un détail qui, avec le recul, apparaît particulièrement problématique», lit-on encore dans les colonnes du journal. Selon les premiers bilans, 11 Italiens figurent parmi les blessés.

«De la fête au cauchemar»

Pour la presse internationale, il semble presque inconcevable qu’un tel drame ait pu se produire dans une station aussi huppée que Crans-Montana. «Il est difficile d'imaginer qu'une telle chose puisse se produire ici, dans un endroit où il y a de l'argent, un très bon niveau de santé et de sécurité, d'excellentes infrastructures et où la police est arrivée sur les lieux quasiment immédiatement», commente une correspondante de la BBC, habituée des lieux. «C’est un jour très très triste pour la station.»

Le «New York Times», qui consacre sa une à la tragédie, souligne le contraste brutal de la soirée: «C'était un havre de paix pour les jeunes, où ils pouvaient trouver du chocolat chaud quand ils recherchaient le calme et des boissons à prix abordables quand ils n'en avaient pas envie. Puis c'est devenu un lieu de mort.» En France, «Libération» résume l’impensable en un titre simple et poignant: «De la fête au cauchemar». De son côté, «The Guardian» retient la fulgurance du drame: « De la joie à l’horreur en quelques secondes».

L'attente insoutenable

L'agence londonienne Reuters aborde la question du processus d'identification et du traumatisme qui s'annonce long pour les familles. Le «New York Times» parle de la «tache macabre» à laquelle sont confrontés les autorités: «Une opération qui, selon la police, pourrait prendre des jours, voire des semaines, en raison de la gravité des blessures.»

Crans-Montana en deuil

Dans le froid glacial, la population locale s’est réunie pour rendre hommage aux victimes. «Jeudi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées, en silence, pour déposer des fleurs et allumer des bougies en leur mémoire », rapporte «The Guardian». Parmi les messages laissés sur place, ces quelques mots revenaient souvent: «Repose en paix parmi les étoiles».

Le lendemain, devant les façades calcinées du «Constellation», le monticule de fleurs, de lettres et de bougies ne cessait de grandir, comme un témoignage muet du deuil qui frappe la station. A Crans-Montana, le silence remplace désormais la musique, et les fleurs le tumulte des fêtes.

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