Des chiffres «colossaux»
Les victimes de Crans-Montana pourraient attendre 15 ans avant d'être indemnisées!

Les victimes de l'incendie du «Constellation» pourraient attendre 15 ans avant d'être indemnisées. La Commune de Crans-Montana se prépare en constituant des réserves financières annuelles, indique son président, Nicolas Féraud.
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Selon Nicolas Féraud, les procédures juridiques pourraient durer 15 ans.
Photo: keystone-sda.ch
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Johannes Hillig

Le drame du Nouvel An continue de hanter le village de Crans-Montana (VS). Alors que les familles pleurent toujours la disparition des leurs, la Commune pourrait être entraînée dans une longue bataille judiciaire. 

Il pourrait en effet s'écouler plusieurs années avant que la procédure civile n'aboutisse et que les victimes soient intégralement indemnisées. «Nous estimons que la procédure civile ne devrait pas aboutir avant quinze ans», déclare à la «NZZ» ce 1er juillet le président de la commune, Nicolas Féraud. 

Une lueur d’espoir

Pour la commune de Crans-Montana, les conséquences financières pourraient être lourdes. «Nous ne pouvons pas exclure de devoir verser des indemnités colossales», explique Nicolas Féraud. Pour pouvoir assumer ces coûts sans mettre en péril les finances communales, Crans-Montana devra donc créer des réserves chaque année.

Des démarches sont toutefois en cours afin d'accélérer le versement d'une aide financière. La Confédération a exigé du Valais qu'il verse 50'000 francs par victime, avant de se faire rembourser cette somme par les autorités fédérales. Fin juin, le Canton a confirmé à «Blick» avoir versé jusqu’à présent 88 indemnités sur un total de 125.

Une lueur d’espoir demeure toutefois: une table ronde organisée par la Confédération doit se charger de négocier rapidement les premiers versements d’aide aux familles touchées. Reste qu'à ce jour, aucune réunion n'a encore eu lieu.

Une famille réclame 56 millions de francs

Mais les montants promis par le canton ne suffiront pas, les demandes d'indemnisation se comptant en millions de francs. C’est le cas, par exemple, des frère et sœur Fabienne et Gilles I.*, qui ont été gravement blessés lors de l'incendie.

Chacun réclame 25 millions de francs de dommages-intérêts aux personnes mises en cause pour les séquelles physiques et le traumatisme psychologique dont ils souffrent encore aujourd'hui. Leurs parents et leur frère demandent, eux, 6 millions de francs supplémentaires. Au total, la famille réclame donc 56 millions de francs.

Pas de démission malgré la procédure pénale

Alors que les victimes attendent toujours, Nicolas Féraud se retrouve lui-même sous le feu des critiques. En cause: une négligence qui pourrait avoir des conséquences mortelles. La commune est dans la tourmente pour ses contrôles lacunaires du bar «Le Constellation» depuis 2019 concernant les normes de sécurité incendie.

Nicolas Féraud figure aujourd’hui parmi les 15 prévenus dans la procédure pénale en cours. Il ne compte toutefois pas démissionner. «Je veux continuer à me battre pour Crans-Montana», déclare-t-il à la «NZZ». Il réfute l'accusation de conflit d'intérêts lié à sa fonction et à son statut de suspect: «Mon seul intérêt est que la vérité soit découverte.» Le président précise également se récuse systématiquement des réunions du conseil municipal sur les questions relatives à l'enquête.

*Nom connu de la rédaction

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