Drame de Crans-Montana
Des documents clés sur le «Constellation» sont introuvables

Comment les autorités ont-elles pu autoriser les Moretti à installer de la mousse inflammable dans leur établissement? Un des prévenus pointe des documents faisant état des travaux dans «Le Constellation» en 2015, mais ceux-ci sont introuvables.
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L'ancien président de Chermignon, Jean-Claude Savoy, a été interrogé pendant plusieurs heures jeudi.
Photo: keystone-sda.ch
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Raphael Rauch

Le drame de Crans-Montana est encore une plaie à vif et son dossier comporte des lacunes qui n’ont toujours pas été comblées à ce jour. Selon les informations de Blick, il manque au parquet des documents officiels datant de 2015 censés apporter des précisions sur les travaux de rénovation effectués au bar «Le Constellation». Pour rappel, onze ans plus tard, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, 41 personnes y ont perdu la vie et plus de 100 autres ont été blessées.

Jeudi, l’ancien président de la commune de Chermignon (VS), Jean-Claude Savoy, a été interrogé pendant plusieurs heures. Il fait partie des prévenus dans l'enquête: avant la fusion administrative des communes, c’est sur le territoire de sa commune, Chermignon, que se trouvait «Le Constellation».

Nicolas Féraud cache-t-il des dossiers?

Dans un entretien accordé à Blick, Jean-Claude Savoy assure avoir remis tous les dossiers ainsi que son ordinateur de service au secrétaire communal le 29 décembre 2016. Cette remise aurait été confirmée par un accusé de réception lors de son départ. Selon lui, les dossiers ont été transférés aux archives communales. Depuis la fusion des communes, il ignore ce qu’il est advenu de ces archives et entre-temps, le secrétaire communal de l’époque serait décédé.

Mais si les documents se trouvent bien aux archives, pourquoi ne sont-ils pas depuis longtemps entre les mains du parquet? L’actuel président de la commune, Nicolas Féraud, n’a-t-il pas remis les dossiers? Ou bien le parquet ne les a-t-il pas demandés? Interrogés à ce sujet, aucun des deux ne s’est exprimé.

Un véritable piège à incendie

Une chose est sûre: aucune perquisition n’a encore eu lieu. Pourtant, les avocats des victimes avaient exigé que les locaux de l’administration communale ainsi que les logements de plusieurs employés de la commune soient perquisitionnés.

Ces dossiers datant de 2015 sont essentiels pour comprendre comment «Le Constellation» a-t-il pu être transformé à l'époque en un véritable piège mortel? Pourquoi aucun contrôle strict n'a-t-il été effectué? Le locataire de l’époque, Jacques Moretti, y avait installé de la mousse d'isolation acoustique. De plus, le doute plane sur l'existence d'une analyse de risques concernant l'escalier, qui avait été rétréci alors que les issues de secours étaient modifiées. Les autorités ont-elles fermé les yeux ou commis des manquements graves à leurs devoirs ?

Le conseil municipal était au courant

Une chose est sûre: le 5 avril 2016, Jean-Claude Savoy a signé un document dans lequel il informait les riverains de la prolongation des horaires d’ouverture du «Constellation». Le conseil municipal aurait accepté cette prolongation car «d’importants travaux d’insonorisation avaient été réalisés dans cet établissement pendant la rénovation». Le conseil municipal était était donc au courant de l'existence de la mousse installée par Jacques Moretti.

Jean-Claude Savoy devrait être convoqué à nouveau mais mardi, c’est d’abord Julien Beytrison qui sera entendu en tant que témoin. Il était à l’époque propriétaire du bâtiment abritant «Le Constellation» et l’a vendu aux Moretti en 2022. Pour rappel, la présomption d’innocence s’applique à tous.

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