Il y a quelques jours à peine, la suspension d'un chirurgien cadre du service de chirurgie plastique et reconstructive du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) a fait les gros titres. Selon la chaîne de Suisse romande RTS, le médecin aurait falsifié des documents médicaux. Une dénonciation a été transmise par l'hôpital au Ministère public vaudois pour «faux dans les titres», qui examine actuellement le dossier sous le principe de la présomption d'innocence.
Concrètement, le chirurgien falsifiait des comptes rendus d'opérations de chirurgie reconstructive... il s'agissait notamment d'opérations pratiquées sur des victimes de l'incendie de Crans-Montana.
Apparemment, le médecin s'était déjà fait remarquer à plusieurs reprises par le passé. Comme le révèle «Le Temps», des alertes internes avaient déjà été lancées contre le médecin depuis plusieurs mois – plus de 20 signalements ont été déposés dès l'été 2025 auprès de «Safe», la cellule interne de dénonciation.
Climat toxique
Selon «Le Temps», les accusations concernaient du harcèlement moral et un comportement inapproprié envers des collègues, y compris en présence de patients. Il est également accusé de rabaissements répétés, de remarques sexistes ainsi que de critiques publiques et moqueuses du travail des équipes. En outre, le médecin est accusé de s'être concentré sur des questions financières, au détriment du soutien aux équipes et du bien-être des patients. Ces comportements ont poussé des soignants à bout et conduit certains patients à se tourner vers d'autres hôpitaux.
Interrogé par «Le Temps», le médecin concerné n'a pas souhaité s'exprimer. Le CHUV a déclaré au journal qu'il ne pouvait pas se prononcer, pour des raisons de protection de la personnalité, ni sur les plaintes ni sur une éventuelle enquête interne. L'hôpital rappelle devoir protéger l'intégrité de tous les collaborateurs tant que les conclusions ne sont pas certaines.
Des conséquences sur la facturation
Le scandale lié à la signature des rapports opératoires révèle les incidents passés concernant le médecin et l'inaction perçue de la direction de l'hôpital. Dans cette affaire, la directrice générale du CHUV a souligné que la qualité des soins médicaux n'en avait pas été affectée, toutes les interventions ayant été réalisées par des médecins spécialistes compétents.
Les fausses informations auraient pu en revanche impacter le remboursement par les assurances privées et le calcul des honoraires, bien que la facturation ait été bloquée à temps. Face à cette affaire, le CHUV prévoit de renforcer ses contrôles avec des vérifications aléatoires.