En bref
- Powerade, sponsor des pauses fraîcheur de la Coupe du monde aux États-Unis, affirme que ses boissons isotoniques hydratent mieux que l’eau
- Le chef des médecins du sport au CHUV confirme que les boissons isotoniques peuvent être bénéfiques pour les sportifs, mais met en garde contre leur consommation par tout le monde
- Les pauses hydratation obligatoires ont leurs avantages, surtout pour les publicitaires. Pour autant, la FIFA affirme ne pas percevoir de revenus directs des publicités diffusées pendant ces pauses
«Powerade hydrate mieux que l’eau pour les sportifs», vraiment? Pendant la Coupe du monde aux Etats-Unis, de juin à juillet, cette pub est partout. La marque de boissons isotoniques bleues, rouges, voire jaunes, filiale de Coca-Cola, sponsorise les très critiquées «pauses hydratation», ou «pauses fraîcheur». Obligatoirement présentes deux fois par match, à chaque mi-temps, même par mauvais temps, elles cassent le rythme de certaines parties.
Pour autant, le président de la FIFA Gianni Infantino a assuré que son association – à but non lucratif – ne perçoit «pas un seul dollar» grâce aux publicités diffusées durant ces pauses de 3 minutes. Mais qu’en est-il du contrat avec Powerade et Coca, qui se sont associés à la superstar montante du ballon rond Lamine Yamal pour leur campagne de promotion?
Hydrater «mieux que l’eau»? Oui et non
Et est-ce une bonne idée, dans une période de fortes chaleurs, d’affirmer à tout le monde – en particulier aux jeunes et pas seulement aux sportifs – qu’une boisson sucrée et salée est plus efficace que l’eau pour hydrater? Nous avons posé la question au Professeur Vincent Gremeaux-Bader, responsable du Centre de médecine du sport du CHUV, à Lausanne.
«Oui et non, c’est du bon marketing, commence le médecin du sport. C’est vrai, si vous êtes en train de faire une grosse session de sport avec une sudation (ndlr: transpiration) importante. Mais ce n'est pas néscessaire pour une activité physique plus modeste ou pour ceux qui ne font pas de sport, ce qui représente la majorité des personnes soumises à ces messages.» Pour lui, on ne peut pas parler de publicité mensongère, mais de «marketing suffisamment flou pour que quelqu’un l’achète en pensant qu’il s’hydratera mieux, même dans son canapé. Alors que dans ce cas cela, va surtout constituer un apport de sucre inutile.»
Mais qu’est-ce que c’est, une boisson isotonique? «C’est la boisson idéale pour l’hydratation et l’apport énergétique durant les activités sportives prolongées au delà d'une heure, répond le Prof. Gremeaux-Bader. Globalement, c’est de l’eau, du sucre dans une concentration adaptée pour qu’il soit absorbé rapidement sans trouble digestif et du sel pour restaurer les pertes sudorales, en somme le sodium évacué par la transpiration. Scientifiquement, cela permet de prolonger l’effort de haute intensité, de mieux récupérer, notamment grâce à une meilleur maintien de l’hydratation.»
La mode des électrolytes, qui a vu une marque comme Capri Sun se lancer sur le marcher des «boissons fonctionnelles», n'est pas du goût du médecin du sport. «A cause du marketing, les gens associent les électrolytes avec une meilleure hydratation. C'est critiquable, car on vise une population jeune et leurs parents. Mais vous ne faites pas de bien à vos enfants en leur donnant des électrolytes version Capri Sun au goûter, s’ils n’ont pas fait de sport, vous augmentez juste la quantité quotidienne de sucre qu'ils ingurgitent!»
Car il ne faut pas confondre l'isotonique qu'est Powerade avec la boisson «aux électrolytes». Ce terme signifie seulement qu'elle contient des minéraux dissous en plus du sodium (le petit nom du sel). Du potassium, du magnésium, du calcium ou encore du zinc, liste le docteur Gremeaux-Bader.
«En 2026, on n'a pas de preuves scientifiques suffisantes pour les recommander indubitablement, le seul indispensable reste le sodium, commente-t-il. Toutefois, les électrolytes peuvent être intéressants pour des sportifs qui ont des pertes sudorales élevées, pendant une séance d'entrainement assez courte. Par exemple si vous allez courir 45 minutes à midi, avec le soleil qu'il fait: vous avez suffisamment de réserves énergétiques et ne nécessitez pas l'apport énergétique du sucre.»
Mais si la course à pied dure une heure et demie, alors il faudrait plutôt se tourner vers l'isotonique. «Si vous ne faites pas d'activité sportive, comme le principal minéral qui est apporté par les électrolytes, c'est le sodium, avoir une alimentation équilibrée suffit à apporter suffisamment de minéraux», conclut le médecin du sport.
La mode des électrolytes, qui a vu une marque comme Capri Sun se lancer sur le marcher des «boissons fonctionnelles», n'est pas du goût du médecin du sport. «A cause du marketing, les gens associent les électrolytes avec une meilleure hydratation. C'est critiquable, car on vise une population jeune et leurs parents. Mais vous ne faites pas de bien à vos enfants en leur donnant des électrolytes version Capri Sun au goûter, s’ils n’ont pas fait de sport, vous augmentez juste la quantité quotidienne de sucre qu'ils ingurgitent!»
Car il ne faut pas confondre l'isotonique qu'est Powerade avec la boisson «aux électrolytes». Ce terme signifie seulement qu'elle contient des minéraux dissous en plus du sodium (le petit nom du sel). Du potassium, du magnésium, du calcium ou encore du zinc, liste le docteur Gremeaux-Bader.
«En 2026, on n'a pas de preuves scientifiques suffisantes pour les recommander indubitablement, le seul indispensable reste le sodium, commente-t-il. Toutefois, les électrolytes peuvent être intéressants pour des sportifs qui ont des pertes sudorales élevées, pendant une séance d'entrainement assez courte. Par exemple si vous allez courir 45 minutes à midi, avec le soleil qu'il fait: vous avez suffisamment de réserves énergétiques et ne nécessitez pas l'apport énergétique du sucre.»
Mais si la course à pied dure une heure et demie, alors il faudrait plutôt se tourner vers l'isotonique. «Si vous ne faites pas d'activité sportive, comme le principal minéral qui est apporté par les électrolytes, c'est le sodium, avoir une alimentation équilibrée suffit à apporter suffisamment de minéraux», conclut le médecin du sport.
Revenons au Powerade. «En cas de besoins très élevés de remplacement de liquide, oui, de l’eau avec la bonne dose de sucre et de sel vous réhydrate plus vite que juste de l’eau, concède le spécialiste du CHUV. On conseille ce genre de boissons aux sportifs à partir du moment où ils font un effort relativement intense de plus d’une heure. Si vous faites 15 minutes de marche pour aller chercher votre pain, ce n’est pas la peine.»
Quel impact sur le football?
Cela fonctionne pour des sports d’endurance (course, marche, cyclisme, natation) et peut avoir des avantages pour des sports collectifs où la transpiration est importante. Lors des pauses hydratation de la Coupe du monde de foot, les joueurs boivent dans des gourdes Powerade. Difficile de dire s’ils boivent du Powerade, de l’eau ou un mélange maison du staff technique. «Ce qui est dommage, c’est si les gens qui regardent pensent qu’ils doivent faire la même chose. Ils peuvent, quand ils jouent au foot, mais pas quand ils regardent le foot. C’est toute l’ambiguïté du marketing qu’ils proposent.»
Enfin, sur les pauses boisson obligatoires à la Coupe du monde, le médecin du sport estime que cela peut être une bonne idée. «Sur le plan médical, pour les matchs en ambiance chaude et humide, le fait de se réhydrater avec une boisson isotonique a du sens. On sait que c’est efficace pour préserver leurs performances et améliorer leur récupération.»
Il ne commente pas le fait qu’elles soient obligatoires même par mauvais temps, ou qu’elles permettent aux diffuseurs TV d’assaillir les téléspectateurs de pubs jusqu’à plus soif. «Que ces pauses soient sponsorisées par Powerade ou une autre marque d’isotonique, ce n’est pas mon problème. Powerade n’est pas une mauvaise boisson pour du sport. Contrairement à d’autres boissons dites énergisantes, type Redbull, inadaptées à la pratique sportive mais qui s’affiche également fréquemment lors d’épreuve sportives.»