Les ménages suisses n'en peuvent plus de casser la crousille pour régler leurs primes maladie, qui poursuivent leur envolée année après année. Et la tendance n'est pas près de s'inverser: les primes risquent d'augmenter d'environ 5% à l'automne prochain, tandis que Comparis anticipe une hausse de 3% pour 2027.
Le poids lourd de la politique sociale vaudoise, Pierre-Yves Maillard, a alors imaginé une solution pour stopper cette ascension alarmante: l'instauration d'une sorte de droit de véto populaire. Une information révélée mercredi 1er juillet par «24 Heures».
Le conseiller aux Etats vaudois a déposé une motion en ce sens à Berne, avec l'objectif de «freiner les hausses excessives». Selon lui, les coûts liés aux assurance-maladie sont «insupportables» pour la population. «La santé est quand même le seul domaine où on accepte de telles hausses sans broncher», a déclaré le président de l'Union syndicale suisse (USS) au quotidien vaudois.
Pour freiner les hausses excessives
Son idée est simple: lorsque la hausse des primes dépasse le seuil des 3%, le Parlement doit se prononcer. En cas d'acceptation, un référendum pourrait alors être lancé, entraînant un gel temporaire des primes. Si le référendum aboutit, le peuple sera alors appelé à se prononcer dans les urnes. Pour le socialiste, ce mécanisme permettrait de redonner la parole aux citoyens, et de limiter l'influence des lobbys sous la Coupole.
Ce droit pourrait être utilisé fréquemment, au vu des hausses moyennes des primes enregistrées ces dernières années: 6,6% en 2023, 7,8% en 2024, 6% en 2027, selon les chiffres de l'OFSP. Mais selon Pierre-Yves Maillard, un référendum ne sera pas nécessairement déposé.
Soutien politique limité
Sa proposition ne susciterait toutefois pas l'enthousiasme, selon le quotidien vaudois. Pour le moment, elle n'a été cosignée que par deux autres socialistes.
A droite, on craint un alourdissement de la bureaucratie avec une multiplication des votations. Certains élus s'attaquent à l'idée de fond: ils estiment qu'un plafonnement des primes n'est pas la solution, rappelant que des mesures pour freiner les coûts sont déjà en discussion. A l'image de l'entrée en vigueur du financement uniforme des soins en 2028 et des interventions visant à limiter les rémunérations élevées de certains médecins spécialistes.