La restructuration majeure est terminée. «Nous avons désormais éliminé toutes les principales sources de pertes», a affirmé Mario Irminger, président de la direction de Migros, lors de la présentation des résultats annuels 2025 il y a quelques jours. Le groupe peut maintenant se recentrer sur son cœur de métier: la grande distribution et ses supermarchés.
Migros a dévoilé ses plans de cession d'actifs pour ses différentes filiales début février 2024. Ces coupes drastiques ont touché environ 250 points de vente spécialisés et un total de 8'000 employés. Depuis, plus de 20 entreprises ont été vendues ou fermées. Quelque 1'500 postes à temps plein ont été supprimés, et des milliers d'autres emplois ont disparu suite aux cessions et fermetures d'entreprises.
Une diapositive de présentation obtenue par Blick illustre de manière frappante l'ampleur de cette mue historique. On y retrouve notamment des enseignes déjà sorties de la mémoire collective.
Le public garde en mémoire le cas de Tegut: la chaîne de supermarchés bio allemande avait coûté des millions à la coopérative Migros Zurich avant d'être revendue. Si les enseignes Melectronics et SportX étaient bien connues du paysage helvétique, leurs logos ont aujourd'hui disparu. A l’inverse, Micasa et Obi poursuivent leurs activités, mais sous une nouvelle direction. Quant au voyagiste Hotelplan, il bat désormais pavillon Dertour, tandis que les magasins Alnatura ont également été rayés de la carte.
Migros s'appuie sur quatre piliers commerciaux
Migros a déclaré que ces ventes ou fermetures étaient nécessaires. Elles constituent probablement aussi une condition préalable pour pouvoir, à terme, réduire le nombre de dix coopératives régionales à quelques-unes seulement, voire les supprimer complètement.
Le groupe Migros lui-même sera à l'avenir composé de quatre unités commerciales indépendantes: la distribution alimentaire (Migros, Migros Industrie, Denner, Migrolino/Migrol), la distribution non alimentaire (Digitec Galaxus), la santé (Medbase) et les services financiers (Banque Migros).
Avec un chiffre d'affaires ajusté de 29 milliards de francs, le groupe mise sur la croissance du e-commerce portée par Digitec Galaxus. Mais le défi majeur reste le secteur des supermarchés: Migros entend regagner les parts de marché concédées à Aldi et Lidl. Si le géant orange domine toujours son grand rival Coop dans le commerce de détail, le concurrent bâlois réduit l'écart à vue d'œil.