Hausse des intérêts sur les avoirs
La situation financière des caisses de pension s'est améliorée

En 2025, les caisses de pension suisses ont atteint un taux de couverture moyen de 117,1%, contre 114,7% en 2024. Les assurés ont bénéficié d'une hausse des intérêts sur leurs avoirs, avec un taux moyen de 4,33%.
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Les fonds de pension ont connu une bonne année.
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ATS Agence télégraphique suisse

Grâce à de bons placements, 2025 a été une année positive pour le deuxième pilier, pour la troisième fois consécutive. Si les caisses de pension sont dans une position stable, la situation sur les marchés reste volatile en raison des risques géopolitiques et économiques.

Les marchés des actions et des obligations ont enregistré de bons résultats en 2025, bien que la performance nette moyenne ait baissé par rapport à l'année précédente. Cette performance s'est élevée à 6,1% (7,4% en 2024) pour les institutions de prévoyance professionnelle sans garantie étatique et sans solution d'assurance complète et à 6,2% (7,2% en 2024) pour les institutions avec garantie étatique.

Cette évolution positive des placements de capitaux a entraîné une nouvelle hausse des taux de couverture des institutions. Ceux-ci atteignaient en moyenne 117,1% l'année dernière, contre 114,7% en 2024. Ils ont pratiquement retrouvé fin 2025 le niveau de fin 2021, s'est félicitée mardi Vera Kupper Staub, présidente de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP). Seules quelques institutions sans garantie étatique et sans solution d'assurance complète étaient en découvert. L'année précédente, encore 1% d'entre elles étaient dans une telle situation.

Les assurés en profitent

Les assurés actifs ont aussi profité de ces bons rendements. A la fin de l'année passée, ils ont perçu un taux d'intérêt moyen de 4,33% sur leurs avoirs de vieillesse (3,76% en 2024). La CHS PP rappelle à titre de comparaison que le renchérissement annuel en Suisse s'élevait à 0,2% en 2025 (1,1% en 2024), selon l'Office fédéral de la statistique. Une grande partie des capitaux de prévoyance ont été rémunérés à un taux dépassant le taux minimal LPP de 1,25%.

Fabrizio Ammirati, vice-président de la commission, a indiqué qu'en 2025, pour les retraites qui seront prises dans cinq ans, les institutions de prévoyance envisageaient un taux de conversion moyen de 5,17% à l'âge de 65 ans. Un taux stable par rapport à 2024.

Marchés volatils

Malgré ces bons résultats, la CHS PP reste prudente. Les risques géopolitiques et économiques se sont intensifiés au cours des 18 derniers mois, ce qui se reflète dans la plus grande volatilité des rendements, a relevé Mme Kupper Staub. Fabrizio Ammirati a cité les droits de douane américains ainsi que la guerre en Iran.

La plupart des institutions de prévoyance sont bien préparées grâce aux réserves constituées, rassure cependant la commission. Quelque trois quarts des caisses de pension, contre environ la moitié en 2024, détenaient à fin 2025 des réserves de fluctuations de valeur correspondant à au moins 75% de leur valeur cible. M. Ammirati a indiqué qu'il n'était pas possible de donner plus de détails sur la situation des différentes caisses.

La CHS PP met toutefois en avant les différences entre les types d'institutions de prévoyance. Les institutions collectives ou communes, qui concernent environ trois quarts des assurés actifs, ont en moyenne un taux de couverture plus bas que celui des institutions propres à une entreprise.

Les institutions collectives ou communes, qui sont en concurrence entre elles, poursuivent plus souvent des objectifs de croissance, ce qui entraîne une dilution des réserves existantes. Elles sont donc plus exposées aux risques que les autres, a expliqué M. Ammirati.

Mesures de gouvernance

Les autorités de surveillance mettent donc en oeuvre des mesures pour remédier aux conflits d'intérêts entre les objectifs de croissance à court terme et la stabilité financière à long terme. Ainsi qu'entre les sociétés gestionnaires, dont certaines poursuivent un but lucratif, et les assurés.

En effet, une évaluation des risques systémiques a mis en exergue plusieurs défis. Laetitia Raboud, directrice de la CHS PP, a cité une formation insuffisante des membres de l'organe suprême de l'institution de prévoyance, une gestion inadéquate des contrats ou encore une collaboration en matière de courtage ne garantissant pas les intérêts des assurés.

La commission a donc récemment adopté des directives de surveillance suivant des principes méthodologiques uniformes. Elle a aussi précisé les dispositions en matière de bonne gouvernance. Les responsables doivent assumer leurs tâches dans l'intérêt des assurés.

La commission se félicite que ces enjeux aient été reconnus au niveau politique. Dans un rapport, le Conseil fédéral a confirmé le mois passé la nécessité de modifier la loi. La CHS PP prévoit de prendre position sur ce rapport avant l'été.

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