Genève pénalise les nouveaux locataires
Avec l'explosion des loyers, rester chez soi devient ultra rentable

A Genève, les nouveaux locataires paient en moyenne 58% de plus que leurs prédécesseurs, selon une étude de la ZKB. A Zurich, les loyers proposés ont bondi de 25% en cinq ans.
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Celui qui déménage en Suisse est généralement désavantagé. Il paie nettement plus que le locataire précédent.
Photo: Joerg Axel Fischer / VISUM
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Patrik Berger

Ceux qui vivent depuis longtemps dans le même logement en Suisse ont de la chance. Les locataires de longue date paient généralement beaucoup moins que les personnes qui cherchent aujourd’hui un logement comparable. Ce «bonus» est très avantageux mois après mois. Et il ne cesse de croître, comme le montre une nouvelle étude de la Banque cantonale de Zurich (ZKB).

Car si les loyers des baux existants restent relativement stables, les loyers proposés, soit les prix des logements nouvellement mis en location, explosent. Les chiffres sont impressionnants. Et ils inquiètent plus d’un demandeur de logement: dans le canton de Zurich, les loyers proposés ont augmenté de près de 25% au cours des cinq dernières années. En revanche, les loyers des contrats existants n’ont progressé que de 7%.

Un loyer jusqu'à 90% plus bas

En d’autres termes, les locataires sédentaires économisent beaucoup d’argent, tandis que les personnes souhaitant déménager paient la note. Dans toute la Suisse, les nouveaux locataires déboursent désormais 21% de plus. La situation est particulièrement marquée dans les villes. A Zurich, les nouveaux habitants paient un tiers de plus que les locataires de longue date. A Genève, les nouveaux locataires déboursent en moyenne 58% de plus que ceux déjà en place.

Rester dans son logement est particulièrement avantageux pour les locataires de longue durée. Après dix ans passés dans le même appartement, le «bonus» représente déjà environ un quart du loyer net. Ceux qui restent durant des décennies paient parfois près de 90% de moins que ce qui est demandé pour des logements comparables sur le marché actuel.

Autrement dit: une personne vivant depuis très longtemps dans le même logement ne paie parfois qu’un peu plus de la moitié du prix demandé aujourd’hui pour un appartement comparable. Résultat: rester entre ses quatre murs devient plus rentable et beaucoup ne déménagent plus, même lorsqu’ils n’ont plus besoin d’un grand appartement.

Le bonus de séjour n’est pas toujours perdu

Les nouveaux locataires sont-ils donc toujours les dindons de la farce? Pas forcément. Car l’étude de la ZKB montre que même en cas de changement de locataire, le «bonus» ne disparaît souvent pas complètement. Une partie de cet avantage est même «héritée».

Selon la ZKB, le loyer n’est que modérément augmenté lors de nombreux changements de locataires, parfois même pas du tout. Le loyer reste souvent inchangé, surtout après des baux de courte durée. Dans ce cas, le bailleur cherche avant tout à retrouver rapidement un nouveau locataire, sans trop d’efforts.

Cela signifie que de nombreux nouveaux locataires emménagent dès le premier jour avec une forme de «prime de séjour». Les appartements occupés longtemps sont particulièrement intéressants. Selon l’évaluation de la banque, même dans ces cas-là, plus des deux tiers de l’ancien avantage de prix subsistent souvent.

L’étude de la ZKB montre aussi que les relations personnelles deviennent de plus en plus importantes pour les personnes à la recherche d’un logement. Les appartements bon marché n’atterrissent souvent jamais sur les portails immobiliers, mais sont directement transmis à des amis ou à des connaissances. C’est précisément là que les chances de profiter au maximum du bonus de séjour sont les plus élevées.

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