Berne a demandé à Bruxelles davantage de souplesse en matière de contrôles aux frontières dans les aéroports. La Suisse a adressé, avec huit autres pays, une lettre en ce sens à la Commission européenne.
La demande porte sur la possibilité de suspendre le système d'entrée et de sortie (EES) dans les aéroports pour une période prolongée. Une pratique uniforme devrait s’appliquer à tous les États membres, a déclaré jeudi une porte-parole du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) à Keystone-ATS
Le portail d'information «Politico» a précédemment relayé cette information. Interrogée à ce sujet, la Commission européenne a confirmé avoir reçu la lettre. L’EES enregistre les entrées et les sorties de l’espace Schengen et est appliqué depuis le 10 avril dans l’ensemble de l’espace Schengen. En Suisse, ce système est utilisé dans les aéroports.
La saisie des données prend du temps
Le nouveau système remplace le tampon dans le passeport et enregistre les données biométriques sous forme numérique. Cet enregistrement a généralement lieu lors de la première entrée sur le territoire et dure entre 60 et 70 secondes par personne, a récemment indiqué un fonctionnaire de la Commission européenne. La collecte des données n’est effectuée qu’une seule fois. Lors d’un passage ultérieur de la frontière, cette opération ne prendra plus que trois secondes.
Cette mesure concerne les personnes qui ne résident pas dans l’espace Schengen et qui s’y rendent pour un court séjour. Il s’agit généralement de touristes en provenance des États-Unis, du Royaume-Uni ou d’Asie.
Le système surcharge l’infrastructure
En raison de l’allongement des délais de traitement, une surcharge de l’infrastructure peut se produire brièvement dans des situations exceptionnelles, a ajouté la porte-parole du SEM. «Cela nécessite des mesures et il est dans l’intérêt de la Suisse qu’il existe, outre une pratique uniforme, une base juridique contraignante».
Afin d’éviter de longues files d’attente, il sera possible, cet été, de renoncer à la collecte des données biométriques dans des cas exceptionnels, a déclaré le porte-parole de la Commission à Bruxelles. Le franchissement de la frontière devra toutefois continuer à être enregistré dans le système. En outre, les Etats pourront également solliciter l’aide de l’agence européenne des frontières Frontex.
Concernant la demande de la Suisse visant à prolonger la suspension de la collecte des données au-delà de l’été, le porte-parole a déclaré: «Nous sommes en contact étroit et constructif avec les quelques Etats membres qui rencontrent des difficultés à certains postes-frontières.»
Jusqu'à deux heures d'attente à Kloten
A l’aéroport de Zurich à Kloten (ZH), des temps d’attente pouvant aller jusqu’à deux heures sont observés dans de rares cas, a déclaré une porte-parole de l’aéroport début juin. Cela se produit notamment lorsque plusieurs vols en provenance de pays hors de l’espace Schengen arrivent simultanément.
D’une manière générale, le système est toutefois stable et fiable. L’aéroport part du principe que les procédures continueront de s’améliorer à mesure que la routine s’installe.
A l'aéroport de Genève, des temps d'attente plus longs ont été observés pendant les vacances de ski en janvier et février en raison de l'afflux important de voyageurs. «Le jour le plus difficile, le temps d'attente a atteint deux heures et demie», a déclaré un porte-parole de l'aéroport en juin.