Des files d'attente de sept heures!
Ce nouveau système informatique risque de semer le chaos dans les aéroports cet été

Les aéroports européens craignent que le nouveau système EES provoque le chaos. Pendant la saison estivale, une mauvaise gestion pourrait entraîner des files d'attente de plusieurs heures.
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Le nouveau système européen EES risque de provoquer de très longues files d'attente.
Photo: Shutterstock
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Blick Newsdesk

«Les temps d'attente dans les aéroports pourraient atteindre six heures. Nous devons absolument éviter ce chaos!» Depuis l'automne dernier, l'Union européenne (UE) déploie progressivement le nouveau système d'entrée et de sortie (EES), qui doit être pleinement opérationnel d'ici le 10 avril. Ce dispositif informatique enregistre numériquement les ressortissants de pays tiers aux frontières extérieures de l'espace Schengen.

L'objectif? Gagner du temps aux contrôles en supprimant le tampon manuel et repérer automatiquement les dépassements de séjour. Mais l'arrivée de cette technologie suscite déjà de nombreuses craintes.

Retards et vols manqués

L'introduction de cette technologie a déjà rencontré plusieurs problèmes, provoquant de lourds retards pour les passagers, rapporte Euronews. Les organisations du transport aérien avertissent que les temps d'attente pourraient s'allonger encore cet été avec l'EES et réclament des mesures urgentes pour résoudre le «manque chronique de personnel aux frontières» et les «problèmes technologiques».

En décembre, l'aéroport de Lisbonne a déjà suspendu l'EES pour une durée de trois mois en raison de retards excessifs. Selon les rapports, de «graves irrégularités» dans le contrôle ont entraîné des temps d'attente excessifs de plus de sept heures.

Les nouveaux contrôles aux frontières créent déjà des difficultés pour les voyageurs, avec de longues files d'attente pour ceux qui passent pour la première fois par cette nouvelle procédure. Dans certains cas, ces retards ont même conduit à des vols manqués. Un rapport publié fin 2025 par l'Airport Council International Europe (ACI Europe) révèle que le déploiement progressif de l'EES a fait grimper les délais de passage aux frontières de 70%.

Eviter le chaos estival

A partir du 10 avril, tous les Etats membres devront utiliser le système EES à chaque point de passage et enregistrer tous les ressortissants de pays tiers. Après cette date, ils pourront toutefois suspendre partiellement le système pendant 90 jours, avec une possible prolongation de 60 jours, pour gérer la période estivale à forte affluence.

«La mise en place d'un système de cette ampleur est une tâche complexe. En prolongeant la flexibilité pendant les mois d'été, nous donnons aux Etats membres les outils nécessaires pour gérer les problèmes potentiels et, surtout, pour éviter le chaos pendant le trafic estival», a déclaré Markus Lammert, porte-parole de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse le 30 janvier. Cette décision offre aux Etats membres plus de souplesse pour adapter la transition selon la capacité de leurs points de passage à gérer le nouveau système. 

De «sérieux risques pour la sécurité»

Cette décision intervient après les critiques d'ACI Europe, une organisation qui défend les intérêts des aéroports européens, sur les «désagréments importants pour les passagers». En décembre, son directeur général, Olivier Jankovec, avait prévenu que l'extension du système «provoquerait inévitablement de graves files d'attente et des perturbations majeures pour les aéroports et les compagnies aériennes», avec de «sérieux risques pour la sécurité».

En outre, Olivier Jankovec a récemment déclaré à la BBC que la possibilité de suspendre l'EES cet été serait d'une importance cruciale si «la situation aux contrôles frontaliers devenait intenable». Sans cette flexibilité et si les problèmes de technologie et d'effectifs de la police des frontières ne sont pas reglés, «il pourrait y avoir des retards de cinq à six heures», a-t-il averti.

Les organisations aériennes demandent une suspension

Ce mercredi, les organisations européennes de l'aviation ont appelé à une résolution urgente des «problèmes critiques» responsables des retards existants. «Si des mesures ne sont pas prises pour garantir une flexibilité suffisante, de graves perturbations pendant la haute saison estivale sont une possibilité réelle», peut-on lire dans une lettre commune de ACI Europe, Airlines for Europe (A4E) et l'International Air Transport Association (Iata).

Elles soulignent que des mesures urgentes sont nécessaires pour remédier au «manque chronique de gardes-frontières» et aux «problèmes technologiques non résolus». Les associations ont demandé à la Commission européenne de confirmer si les pays de l'espace Schengen pouvaient suspendre partiellement ou totalement l'EES jusqu'au mois d'octobre.

En janvier, l'Association britannique des voyageurs (Abta) a demandé aux autorités frontalières de l'UE de recourir davantage à des mesures d'urgence pour faciliter la mise en place du système. «Nous demandons aux autorités frontalières de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour minimiser les retards, a déclaré Mark Tanzer, directeur général d'Abta. Des mesures sont à leur disposition – comme la fermeture temporaire du système ou la limitation des contrôles – et nous souhaitons qu'elles soient utilisées pour gérer le flux de passagers. Certains des problèmes rencontrés jusqu'à présent auraient pu être évités si des mesures d'urgence avaient été appliquées.»

Cet article est d'abord paru sur Blic.rs. «Blic» appartient, comme Blick, à la maison d'édition Ringier.

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