La Confédération assouplit la «Lex Weber» pour le village de Blatten détruit par l'éboulement du 28 mai 2025. Les propriétaires concernés sont désormais autorisés à construire dans l'ensemble du Lötschental. Les communes reçoivent toutefois un droit de veto pour encadrer l'usage futur de ces logements.
Cette décision chapeautée par le conseiller fédéral Albert Rösti a été mise en lumière par les journaux de CH Media et confirmée à Keystone-ATS par l'Office fédéral du développement territorial (ARE). Celle-ci relève d'une interprétation par le Conseil fédéral de la loi sur les résidences secondaires et non pas d'une modification formelle.
Entre 10 et 30 cas concernés
La nouvelle réglementation est tirée d'une interprétation d'un arrêt du Tribunal fédéral de 2022: celui-ci autorisait la reconstruction de résidences secondaires détruites et soumises à l’ancienne législation avec un «léger déplacement de l’emplacement.» Jusqu'à présent, la manière dont cela s'appliquait à un village entièrement détruit n'était pas claire.
Le chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) Albert Rösti a estimé que, dans le cas exceptionnel de Blatten, l'ensemble du Lötschental est considéré comme étant «à proximité» de l'emplacement d'origine. Un propriétaire qui a perdu son logement lors de l'éboulement peut ainsi construire une nouvelle résidence principale dans une commune voisine et la vendre plus tard en tant que résidence secondaire. Cette situation concerne entre dix et trente cas.
Droit de veto des communes
Afin d’empêcher l’apparition de nouveaux «lits froids», les communes se voient toutefois accorder un droit de veto, comme ce serait le cas à Kippel et Ferden. «Elles peuvent indiquer dans le registre foncier que le logement en question doit être utilisé de manière permanente comme résidence principale», a déclaré Albert Rösti.
Peu claire jusqu'ici, la situation juridique avait conduit à un litige dans le Lötschental. Les communes à vocation touristique telles que Wiler s'étaient prononcées en faveur d’une interprétation généreuse de la loi. D’autres, à l'image de Kippel, avaient mis en garde contre la hausse des prix fonciers et la pénurie de logements abordables pour les habitants locaux.
Adapter le texte
A Blatten, la part des résidences secondaires soumises à l'ancienne législation s'élevait à plus de 60%. Conformément à l’initiative sur les résidences secondaires, également appelée «Lex Weber», aucune nouvelle résidence secondaire ne peut être autorisée dans les communes où la proportion dépasse 20%.
Cette limite avait été dépassée dans l’ensemble du Lötschental. Le conseiller aux Etats valaisan Beat Rieder, originaire de Wiler, s’était engagé en faveur d’une adaptation du texte. En cas de catastrophe comparable à celle survenue dans le village haut-valaisan à l'avenir, la situation devrait sans doute être évaluée de manière similaire, a encore précisé Albert Rösti.