Des enfants bientôt indésirables. Cette rumeur a circulé au printemps au camping Hobby 3 à Unterseen, dans le canton de Berne. Après le changement de propriétaire en janvier, la nouvelle devise serait «Adults only, 16+», révèle le «Beobachter».
Ce qui réjouit les amateurs de calme touche durement les familles. Plusieurs d'entre elles doivent quitter leur emplacement et les contrats ne seront pas renouvelés. «Les derniers mois ont été très éprouvants», explique Sandra Oeschger, qui gère une ferme avec son mari. Leur emplacement fixe au Hobby 3 était son lieu de détente. «Nos enfants ont huit et onze ans, nous avons passé ici les vacances scolaires et de nombreux week-end. Moi-même, je venais ici avec mes parents quand j'étais adolescente.»
Cet article a été publié initialement dans le «Beobachter», un magazine appartenant à Ringier AG, éditeur de Blick.
Cet article a été publié initialement dans le «Beobachter», un magazine appartenant à Ringier AG, éditeur de Blick.
Une pratique non discriminatoire
Légalement, cette pratique est autorisée. «Les propriétaires d'un camping sont libres de choisir leurs locataires, l'exclusion des enfants n'est pas considérée comme discriminatoire», explique Nathalie Hirsiger, experte juridique chez Beobachter.
Les offres sans enfants existent en Suisse depuis une dizaine d'années. Selon Swissinfo, la demande est en forte croissance, notamment dans les hôtels et les restaurants. Mais jusqu'à présent, les campings étaient considérés comme des lieux où les familles étaient les bienvenues.
Selon ses exploitants, Hobby 3 est le premier camping suisse réservé aux adultes. «La demande est très forte. Beaucoup de nos clients souhaitent un lieu de retraite calme, sans le bruit des enfants», expliquent les exploitants au Beobachter.
A partir de 2026, il s'appellera «Camping Lazy Rancho» et fusionnera avec le camping voisin du même nom. Ce dernier restera familial, ce qui explique pourquoi certaines familles doivent partir définitivement.
Les personnes concernées n'ont pas été informées directement
«Nous acceptons cette décision à contrecœur, mais nous critiquons la communication», déclare Sandra Oeschger. Elle et son mari n'ont jamais été informées directement. «Nous l'avons appris par le bouche à oreille, puis à un moment donné via le site web.» D'autres personnes concernées confirment cette information au Beobachter. Les propriétaires font référence à un e-mail envoyé à tout le monde, sans pouvoir le présenter.
La perte financière est particulièrement douloureuse pour la famille Oeschger: ils ne peuvent pas revendre leur caravane et leur auvent – achetés il y a seulement quatre ans – sur leur emplacement. Selon les exploitants, les deux sont trop vieux, car ils ont plus de 15 ans. «D'un point de vue comptable, les caravanes n'ont plus aucune valeur résiduelle après environ sept ans. Pour les constructions mobilières plus anciennes, le contrat de location annuel n'est pas automatiquement transféré.
Pertes financières
Les Oeschger ont pu vendre leur caravane ailleurs, mais ils doivent se débarrasser de l'auvent à leurs frais. D'autres familles ont également subi des pertes financières. L'une d'elles a acheté une caravane en novembre 2024 et a investi 8000 francs dans un auvent après le changement de propriétaire. Elle aurait pu vendre les deux, mais les propriétaires exigeaient une commission de 10%. La famille a refusé et a reconstruit l'auvent à un nouvel emplacement. Coût total? 1600 francs.
Après des mois d'incertitude, beaucoup sont désormais désabusés. Ils ne se sentent plus les bienvenus et veulent simplement partir. L'ancien lieu de villégiature appartient désormais au passé.