La mère d'un jeune entrepreneur mort en Serbie témoigne
«La dernière fois que j'ai entendu sa voix, c'était quelques heures seulement avant l'accident»

Mirjana Stanisavljevic est en deuil après la mort de son fils Dejan dans un accident de voiture en Serbie. Bouleversée, cette mère qui vit en Suisse a accepté de témoigner pour Blick.
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«Il avait un cœur et une âme immenses», confie la mère de Dejan, Mirjana Stanisavljevic, à Blick.
Photo: DR
Qendresa Llugiqi et Ralph Donghi

Mirjana Stanisavljevic est en deuil. Fin avril, elle et sa famille célébraient le mariage de son fils aîné et se projetaient avec joie dans l'avenir. Trois semaines plus tard, son fils cadet meurt dans un accident de voiture pendant ses vacances. «Je suis anéantie», nous confie cette mère, originaire de Menziken en Argovie.

Dejan Stanisavljevic, affectueusement surnommé Deki, est décédé samedi dans un accident de la route près de Vrbovo, en direction de Vranje, dans le sud-est de la Serbie. Selon les médias serbes, ce ressortissant suisse voyageait avec trois autres personnes à bord d'une BMW lorsque celle-ci a quitté l'autoroute et s'est renversée. 

Un tragique coup de téléphone

«La dernière fois que j'ai entendu sa voix, c'était quelques heures seulement avant l'accident», témoigne sa mère. Elle a directement été prévenu de la tragédie. «Deki était en appel vidéo avec son meilleur ami en Suisse», raconte sa mère. Cet ami était le propriétaire de la BMW. «Puis l'accident s'est produit.» Son ami l'a appelée en larmes, lui annonçant qu'un drame s'était produit. «J'ai immédiatement laissé tomber mon téléphone. J'ai compris que mon Deki n'était plus de ce monde.»

D'après elle, l'accident est dû à la pluie, à la chaussée mouillée et à une vitesse excessive. Mirjana Stanisavljevic sait que la petite amie de Dejan était également dans la voiture. Le couple était ensemble depuis peu de temps. «C'est sa petite amie qui conduisait», a-t-elle ajouté.

Selon les médias serbes, il était trop tard pour Dejan Stanisavljevic. Il a succombé à ses blessures sur les lieux. Un autre jeune homme a également été grièvement blessé et hospitalisé à Niš. Les deux autres passagers ont été légèrement blessées. 

«Il aimait la vie»

Dejan Stanisavljevic adorait être entouré d'amis. «Il aimait sortir, aller au café et être en compagnie de personnes de tous âges. Il les accueillait avec le cœur ouvert et le sourire. C'était sa raison de vivre», confie sa mère, admettant avec tendresse qu'elle avait parfois l'impression que son fils aimait les autres plus que lui-même. «Il avait un cœur et une âme immenses.»

Ce qui la rend particulièrement triste aujourd’hui, c'est que «Deki aimait la vie et était un vrai bohème. Il disait toujours 'On n'a qu'une vie, et il faut la vivre pleinement!'», presque comme s'il avait la prémonition que sa vie serait trop courte, raconte sa mère. 

«
Il rêvait de fonder une famille, d'avoir des enfants
Mirjana Stanisavljevic, mère de Dejan Stanisavljevic
»

Elle décrit son fils comme quelqu'un qui menait une vie «très animée et spontanée», mais pour qui l'ordre comptait aussi. «Il rangeait toujours sa chambre lui-même, il était méticuleux et travailleur.» 

Faire ses adieux

La plus grande passion de Dejan était les voitures. Dès son plus jeune âge, il aimait bricoler des véhicules. Il était prédestiné à travailler dans un garage. Avant son décès, il dirigeait même sa propre entreprise, Deki’s Folientechnik, à Reinach en Argovie, spécialisée dans le covering de voitures de luxe. «Il adorait ce travail et s’y consacrait pleinement», confie sa mère.

Selon elle, Dejan Stanisavljevic aspirait à réussir dans tous les domaines de sa vie. La disparition brutale de son fils la bouleverse profondément. «Il rêvait de fonder une famille, d'avoir des enfants.» Mirjana Stanisavljevic doit désormais faire ses adieux à son plus jeune fils.

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