C'est par un retour de service totalement raté que Stan Wawrinka a terminé sa carrière en terres romandes, mercredi à 19h52, face à l'Américain Alex Michelsen. La victoire semblait si proche pour le Vaudois, qui s'est incliné après deux tie-breaks. Et en même temps, elle était si loin, puisqu'il n'a pas été assez solide dans les moments décisifs.
Bien sûr, ce n'est pas ce dernier baroud d'honneur que va retenir le public du Gonet Geneva Open puisque, voilà dix ans déjà, Stan Wawrinka s'était imposé dans le Parc des Eaux-Vives, avant de défendre son titre l'année suivante. Forcément, après cet ultime point, les organisateurs du tournoi ont souhaité rendre hommage au triple vainqueur en Grand Chelem.
Alors que, au lieu de signer, Alex Michelsen écrivait un joli «Stan the Man» sur la caméra, les dirigeants ont fait leur apparition sur le central, bouteille de champagne et cadre-photo à la main. Les plus beaux mots ont été ceux de Marc Rosset, champion olympique 1992 et directeur sportif du tournoi. «Je t'aime, tu vas nous manquer sur le circuit, a lâché le Genevois, avant de rappeler le palmarès de son compatriote. J'ai un revers encore plus monstrueux que ton revers le long de la ligne.»
Les selfies et les autographes
Après une belle vidéo hommage, le natif de Saint-Barthélémy a à son tour pris le micro. «Ça va pas être facile, ça je le sais déjà», a-t-il soufflé d'emblée. Après avoir remercié les organisateurs et, surtout Marc Rosset, il n'a pas voulu s'attarder sur ses proches. «L'année n'est pas finie mais j'ai l'impression qu'elle commence d'être très, très longue, a-t-il plaisanté par rapport à ses adieux à répétition. Par contre, j'aurais encore le temps de remercier ma famille plus tard.»
Ému, le Vaudois n'a en revanche pas lâché de larmes sur le central du Geneva Open. «J'ai failli craquer à fond juste après le match, a-t-il avoué en conférence de presse. Heureusement, il y a eu un petit moment avant la cérémonie. Ça m'a permis de me reprendre.»
Après sa sortie du court sous les ovations et avant de venir répondre aux questions de la presse, «Stan the Man» a encore pris un bain de foule, en signant des autographes et prenant la pose pour des selfies. Par contre, il n'a pas voulu donner sa raquette à un jeune supporter. «J'en ai encore besoin», a-t-il répondu en souriant.
«Julien Sprunger, c'était exceptionnel»
Devant les médias, Stan Wawrinka est revenu sur ce moment: «C'est essentiel de redonner à tout ce public. Je ne me sentirais pas en paix avec moi-même si je gardais uniquement les émotions sur le terrain. C'est normal de rendre, après les entraînements ou les matches. Ces jeunes ont des étoiles dans les yeux, il rêve de faire ce métier et c'est un minimum de pouvoir passer du temps avec eux».
Extrêmement bon au micro après cette défaite, le Vaudois a même prolongé le plaisir alors que la personne en charge proposait une dernière question. «C'est bon… si elles sont intéressantes.» La pression changeait de camp. La question suivante a tourné autour de Stan Wawrinka, meilleur sportif romand de l'histoire? «Une chose que je n'ai jamais faite dans ma carrière, c'est de comparer. Chacun sa génération, son sport et son histoire. Même si je suis fan du Lausanne HC, j'ai trouvé exceptionnel de voir Julien Sprunger soulever la coupe avec Fribourg Gottéron.»
Avant de quitter la tente faisant office de salle de presse, Stan Wawrinka a encore signé quelques casquettes et balles de tennis dans un coin, à la demande du tournoi. Un dernier «Bonne soirée» à tous les journalistes et photographes en train de travailler, et le Vaudois s'en est définitivement aller dans la nuit genevoise, pour la dernière fois.