Après sa victoire difficile au premier tour face au lucky loser Raul Brancaccio (No 241), Stan Wawrinka a eu le droit à une ovation de la part du public des Eaux-Vives. Puis, à deux interviews, une en anglais et une en français, sur le court central du Gonet Geneva Open. Dans sa voix, il a un peu de peine à retenir ses émotions. «C'est ma dernière année donc, forcément, ces tournois comptent énormément pour moi», a-t-il expliqué une heure plus tard, en conférence de presse.
L'aspect local compte évidemment et, pour l'occasion, les organisateurs ont distribué à chaque spectateur un petit drapeau suisse à faire flotter dans les moments importants. Tendu, le public l'a fait par moments lors du tie-break du troisième set, qui a décidé de l'issue de la rencontre (6-2, 4-6, 7-6). «De recevoir autant de soutien et de m'en sortir comme ça, ça crée beaucoup d'émotions», a ajouté le Vaudois.
En plus, ses proches étaient également nombreux pour suivre au premier rang la rencontre de leur protégé. Même le Français Gaël Monfils – en compagnie de sa femme Elina Svitolina – était venu sur place pour encourager son pote. «C'est toujours particulier, mais un plaisir, de pouvoir jouer devant sa famille et ses amis, a appuyé Stan Wawrinka. Ça n'a pas toujours été facile, car on a toujours envie de faire au mieux. Mais c'était super de pouvoir leur offrir ce scénario.» Pas sûr que la famille de «Stan the Man», qui a dû passer par tous les états d'âme, en dise autant.
Toujours, «l'envie de bien faire»
Pendant le tie-break décisif, le Vaudois avoue tout de même qu'il a été tendu. Pourtant, il en a joué des centaines durant sa carrière. «C'est presque plus stressant avec l'âge, nous sourit-il. Je sais que je me rapproche des derniers. Après, suivant l'endroit, cette pression augmente encore plus.» Toujours, cette envie de «bien faire» devant le public suisse et ses proches qui ressurgit.
Finalement, Stan Wawrinka est parvenu à passer l'épaule face au lucky loser italien. «Aujourd'hui, je me bats avec l'adversaire, mais aussi beaucoup avec moi-même, analyse-t-il. Je me bats pour trouver cette confiance et il y a plein de raisons qui font qu'à 41 ans, c'est très difficile d'assembler le puzzle.» Enchaîner les défaites pour sa dernière saison peut en être une.
Un succès pour le relâcher?
Mais lundi, le natif de Saint-Barthélémy est ressorti vainqueur sur la terre battue de Genève. Mercredi, cela risque bien d'être différent. Après le modeste Raul Brancaccio, il va affronter l'Américain Alex Michelsen, No 41 mondial. «J'espère que ce succès va me permettre de relâcher un peu mon tennis et je vais essayer de revenir pour un bon match mercredi», lâche-t-il.
À deux reprises cette année, les deux hommes se sont entraînés ensemble dans le parc des Eaux-Vives. «C'est un très bon joueur, qui progresse bien. Il sent bien le jeu et sert très bien», dévoile Stan Wawrinka, qui espère continuer l'aventure à Genève. «J'ai envie et besoin de chaque victoire, souffle-t-il. Au tennis, il n'y a jamais de fin, sauf si on gagne un tournoi.» Chose que le Vaudois n'a plus fait depuis… l'Open de Genève en 2017.