Mutinerie au Venezuela
Victimes de torture, des prisonnières prennent le contrôle d'une prison

Une révolte éclate à la prison de Barinas, au Venezuela, où des détenus dénoncent des tortures. Plus de 100 femmes ont été transférées, tandis qu'une enquête a été ouverte par le parquet.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Plus d'une centaine de détenues ont été transférées de la prison de Barinas (ouest du Venezuela) où des centaines de prisonniers de droit commun ont pris le contrôle du pénitencier en dénonçant des «tortures», et alors que les autorités ont promis une plateforme de médiation, a indiqué lundi un observatoire indépendant.

Des centaines de prisonniers se sont rassemblés dimanche sur le toit de l'Internat judiciaire de Barinas (Injuba), fief de l'ex-président Hugo Chavez (1999-2013), à quelque 500 km de Caracas. Les détenus ont incendié des matelas ou encore des draps exhibant des banderoles portant des messages tels que «SOS» et «Plus de torture».

Les problèmes dans les prisons vénézuéliennes sont récurrents. Les ONG dénoncent régulièrement une surpopulation carcérale ainsi que des violations des droits de l'homme. Elles critiquent également des retards de procédure avec des prisonniers incarcérés pendant des mois sans être jugés ou des retards de libération.

Familles anxieuses

Lundi matin, des dizaines de proches attendaient avec anxiété aux abords de l'établissement pénitentiaire, a constaté l'AFP. Une fonctionnaire pénitentiaire a informé lundi à l'aube les familles de «l'évacuation totale des 112 femmes qui se trouvaient dans l'annexe (féminine), sans toutefois préciser vers où», selon l'ONG Observatorio Venezolano de Prisiones (OVP).

«Elle a également indiqué qu'il y aurait un transfert volontaire d'hommes et que des juges et des procureurs se rendraient au pénitencier pour l'installation d'une plateforme technique» en vue d'une «révision des dossiers», a ajouté l'OVP sur X. Le parquet a annoncé lundi dans un communiqué l'ouverture d'une enquête sur la «situation de protestation».

Delcy Rodriguez promet une réforme

Dimanche, l'ONG avait indiqué que 1200 hommes et plus de 100 femmes s'étaient déclarés «en grève» dans cette prison et que les détenus «assurent avoir été victimes de passages à tabac et de tortures». En avril, le gouvernement a confirmé la mort de cinq personnes lors d'une mutinerie dans la prison de haute sécurité de Yare III, à 70 km de Caracas.

En 2023, le président Nicolas Maduro avait ordonné une opération militaire pour intervenir dans les principales prisons du pays, contrôlées pendant des années par des gangs. La présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a succédé à Maduro après sa capture par l'armée américaine en janvier dernier, a promis une réforme judiciaire et fait promulguer une loi d'amnistie qui a permis la libération de centaines de prisonniers politiques.

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