Les Dolomites sont un paradis pour les randonneurs et les alpinistes. Cette région italienne très prisée attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs grâce à ses sommets spectaculaires. Mais cette affluence pose aussi de nombreux problèmes. Certains touristes s’aventurent en montagne sans équipement adapté, abandonnent leurs déchets ou campent n’importe où.
A Cortina d’Ampezzo, les autorités commencent à perdre patience face aux visiteurs uniquement attirés par la photo parfaite à publier sur Instagram et autres réseaux sociaux. Elles ont décidé de faire appel à la police provinciale. A l’avenir, ses agents viendront renforcer la police municipale dans les lieux les plus fréquentés, rapporte la chaîne régionale Tele Belluno.
Des vagues touristiques difficilement gérables
La région subit de plein fouet les effets du tourisme de masse. Selon les médias italiens, plus de 1,1 million de visiteurs se sont rendus dans les Dolomites de Belluno en 2025, soit environ 11% de plus que l’année précédente. Une fréquentation difficile à absorber pour ce territoire peu peuplé. De nombreux touristes arrivent par ailleurs mal préparés. Attirés par des vidéos spectaculaires sur les réseaux sociaux, ils se rendent en montagne sans s’être suffisamment renseignés, selon le portail touristique Dolomiti Belluno.
La colère monte également chez les habitants. Dans le Tyrol du Sud, un agriculteur a même installé un tourniquet sur un sentier de randonnée qui traverse ses terres. Il réclame 5 euros pour emprunter un tronçon d’une cinquantaine de mètres. Il affirme être constamment envahi par des visiteurs et des influenceurs venus photographier les célèbres pics de Geisler. «Ça ne peut pas continuer comme ça!», déclare-t-il à la chaîne Rai.
Une nouvelle arme pour la Suisse
En Suisse, plusieurs destinations touristiques prennent également des mesures contre les visiteurs qui ne respectent pas les règles. Les campeurs qui installent leur tente ou stationnent leur camping-car en dehors des emplacements officiels sont particulièrement visés. La commune d’Obergoms, en Valais, a choisi une nouvelle approche. Elle a publié une offre d’emploi pour recruter un ranger. Cet «Alpenranger» devra patrouiller dans les environs et repérer les personnes qui pratiquent le camping sauvage.
Son rôle ne sera toutefois pas de remplacer la police. Il devra avant tout informer et sensibiliser les campeurs, dont beaucoup ignorent que cette pratique est interdite. Il pourra les orienter vers les emplacements autorisés, mais ne sera pas habilité à distribuer des amendes ou à procéder à des expulsions. Ces interventions resteront du ressort de la police, qui participe également au projet.
Le problème est aussi pris au sérieux au niveau national. Suisse Tourisme cherche depuis plusieurs années à mieux répartir les visiteurs et à limiter les effets du surtourisme. Mais les mesures mises en place, pourtant coûteuses, n’ont jusqu’ici produit que peu de résultats.
Malgré les subventions publiques, l’organisme n’a pas atteint ses propres objectifs visant à désengorger les sites les plus fréquentés. Les statistiques sur les nuitées ne montrent pour l’instant aucune amélioration notable dans la répartition des visiteurs selon les régions ou les périodes de l’année.