600 avions cloués au sol
L’Europe prise au piège de sa dépendance aérienne au Golfe

La guerre au Moyen-Orient met en lumière la dépendance de l’Europe aux compagnies du Golfe. Les perturbations ont entraîné des milliers d’annulations et bloqué de nombreux passagers.
Des milliers de vols ont été annulés en raison des tensions au Moyen-Orient.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

La guerre au Moyen-Orient fait comprendre à l'Europe à quel point elle est devenue dépendante des compagnies aériennes du Golfe pour les voyages vers l'Asie, ont affirmé jeudi des transporteurs du Vieux Continent.

Depuis le début de l'offensive israélo-américaine sur l'Iran, le 28 février, et les attaques de la République islamique contre les pétromonarchies du Golfe, le transport aérien des pays de cette région a été gravement affecté, alors qu'ils s'étaient spécialisés dans les vols long-courrier avec correspondance entre les Etats-Unis, l'Europe, l'Asie et l'Océanie.

Des dizaines de milliers de vols ont été annulés, touchant des millions de passagers. Certains Européens se sont retrouvés bloqués en Asie, sans possibilité de passer par ces «hubs» de Dubaï, Doha et Abou Dhabi, sièges respectifs des compagnies Emirates, Qatar Airways et Etihad.

600 avions cloués au sol

«Avec 600 avions cloués au sol, dont 100 font habituellement la navette avec l'Europe, (cette guerre) sonne un peu le réveil pour montrer à quel point l'Europe dépend des compagnies du Golfe», a jugé le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, lors d'une conférence de presse de l'association Airlines for Europe (A4E) jeudi à Bruxelles. Le groupe franco-néerlandais et son concurrent allemand Lufthansa ainsi que des compagnies asiatiques dotées d'avions long-courriers ont annoncé depuis le début des hostilités un renforcement de leurs liaisons directes entre l'Europe et l'Asie.

«Nous faisons tout ce que nous pouvons pour ajouter des capacités sur ce marché. Mais il s'agit d'un exemple de ce que nous voudrions pouvoir faire toute l'année, en dehors de la situation de crise actuelle», a plaidé Benjamin Smith, alors qu'A4E, principale organisation de compagnies européennes, proteste de longue date contre une concurrence des compagnies du Golfe jugée déloyale car soutenue par les pétrodollars.

Des compagnies aériennes européennes, dont Lufthansa et Air France-KLM, ont été particulièrement critiques à l'encontre de l'accord de «ciel ouvert» avec le Qatar entré en vigueur en 2021. Exemple cité jeudi par le patron de Lufthansa, Carsten Spohr: «On ne peut pas aller à Manille avec une compagnie européenne. On y allait auparavant, nos amis (ndlr: concurrents européens) aussi (...) on se rend compte que l'on a perdu de la souveraineté, en dépendant d'autres.» 

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