Le fléau du tourisme de masse s'étend à toujours plus de destinations dans le monde. De l'Europe à l'Asie, en passant par les Etats-Unis, les hordes de visiteurs, parfois peu respectueux, et la pression sur le logement, les infrastructures et l’économie font de la vie des locaux un cauchemar. Dans les rues de Barcelone, sur les places de Lisbonne ou sur les plages de Phuket, les habitants crient leur lassitude.
Pour freiner cette vague qui s’apprête à déferler avec encore plus de vigueur à l’approche des vacances d’été, certaines destinations touristiques sortent les grands moyens. Fermeture d’îles, restrictions visant les camping-cars ou encore blocage de certains hotspots à selfies font partie des mesures mises en place par des destinations très prisées.
A l’instar de l’île d’Ulva, en Ecosse, qui ferme désormais ses portes aux visiteurs le dimanche, voici une sélection de mesures appliquées par certaines destinations... à prendre en considération lors de vos prochaines vacances:
Chasse aux selfies
C'est l'un des moteurs du tourisme de masse: la photo. A la recherche de la photo parfaite, de nombreux touristes ou influenceurs sélectionnent leur destination selon leur potentiel visuel, afin de la partager sur les réseaux sociaux. Instagram est notamment un vecteur important du surtourisme en promouvant des lieux «paradisiaques» publiés et repartagés sur la plateforme.
Mais ce phénomène pose un problème majeur. Des centaines de touristes se bousculent aux mêmes endroits, parfois exigus, sacrés ou dangereux, chacun voulant son propre selfie. Certains hotspots ont décidé de réagir afin de freiner ce phénomène. C’est notamment le cas de la vue emblématique sur le mont Fuji, au Japon, depuis la ville de Fujikawaguchiko. Les autorités ont érigé une barrière noire afin de bloquer le point de vue, envahi par des touristes qui gênaient la circulation pour obtenir leur cliché.
Du côté des Etats-Unis, la municipalité de Pomfret (Nouvelle-Angleterre) a décidé de fermer certaines routes aux personnes non résidentes. Les habitants sont exaspérés par les utilisateurs d'Instagram qui empiètent sur leurs propriétés privées afin de prendre la photo parfaite.
Idem dans la tristement célèbre «rue du train» à Hanoï, au Vietnam, où de nombreux touristes risquent des blessures, voire la mort, pour prendre des photos du train. Les autorités ont dû installer des barrières afin de tenir les visiteurs à distance... ce qui n’empêche pas certains de les escalader.
Taxes de séjour
Barcelone en est l’un des exemples les plus récents. La ville espagnole applique désormais l’une des taxes de séjour les plus élevées d’Europe, après l’avoir doublée en février 2026.
Aux Etats-Unis, les visiteurs non résidents souhaitant visiter certains des parcs nationaux les plus fréquentés doivent désormais s’acquitter d’un supplément de 100 dollars. Cette taxe controversée, instaurée sous l’administration Trump, est présentée comme un moyen de financer l’entretien des parcs, mais elle suscite des critiques, notamment en raison de son coût élevé pour les visiteurs étrangers.
Mais un pays qui vient de s'ouvrir au tourisme met la barre encore plus haut. Dans sa politique du «moins, mais mieux», le Bhoutan impose l’une des taxes touristiques les plus strictes au monde. Les visiteurs internationaux doivent débourser 100 dollars par nuit au titre de la taxe de développement durable.
Airbnb dans le viseur
Vous voulez vous rendre à New York, mais ne trouvez presque aucun Airbnb disponible? C'est normal. La mégapole américaine a très fortement encadré les locations de courte durée. Les hôtes doivent notamment s’enregistrer auprès de la ville et il est désormais interdit de louer un logement Airbnb pour moins de 30 jours. Résultat: environ 14'000 logements ont disparu de la plateforme en quelques semaines.
A Barcelone, la ville prévoit de retirer toutes les licences de logements touristiques d’ici 2028. Londres, Genève, Amsterdam ou Paris limitent le nombre de jours de location annuels.
La plateforme de réservation est souvent décriée pour vider certains quartiers de leur âme en transformant des logements en hôtels bon marché, excluant les habitants du marché de l'immobilier.
Restrictions sur l'alcool
Si de nombreux jeunes Européens s'imaginent déjà une bière à la main sur une terrasse de Split, ces derniers risquent d'être déçus cet été. Fatiguée des excès liés au tourisme festif, la Croatie a adopté une loi permettant aux autorités locales de restreindre les horaires de vente d’alcool dans les commerces, notamment le soir.
Aux îles Baléares, les touristes qui consomment de l’alcool sur la voie publique dans certaines zones touristiques peuvent désormais être lourdement verbalisés.
Interdiction des camping-cars
Après l’interdiction progressive des navires de croisière à Amsterdam, la Grande-Bretagne s’attaque, dans certaines zones touristiques, à un autre moyen de transport: le camping-car. Accusés de causer des embouteillages, de générer du bruit et de laisser des déchets ou des déjections dans l’espace public, ces dortoirs mobiles sont désormais soumis à de nouvelles restrictions locales.