Surprises, témoins et attaques
Les cinq moments forts du discours de l'état de l'Union de Donald Trump

Le président américain a livré le plus long discours sur l'état de l'Union de l'histoire américaine. Blick fait le point sur les moments clés d'une allocution sous haute tension.
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Donald Trump a délivré son discours sur l'état de l'Union, marquant le bilan annuel de son second mandat présidentiel.
Photo: keystone-sda.ch
Léa Perrin - Journaliste Blick
Léa PerrinJournaliste Blick

Sous un tonnerre d'applaudissements républicains, le président américain Donald Trump a délivré son premier discours de son second mandat sur l'état de l'Union devant le Congrès, mardi 24 février au soir. Dans un speech qui a explosé les records de longueur (1h47), Donald Trump a livré, comme à son habitude, une allocution largement composée d'auto-félicitations, d'éloges à l'égard de son administration et des succès présumés qu'il revendique, quitte à laisser de côté les sujets brûlants qui fragilisent sa politique actuelle.

Dans un discours extrêmement attendu, le président américain – scruté par le Congrès et par des millions d'Américains dont il érode la confiance– , a offert un show davantage télévisuel que solennel sous la coupole du Capitole, avec quelques surprises à la clé. Blick revient sur les temps forts de ce bilan:

Invitation surprise

Les regards et les caméras étaient braqués sur Donald Trump depuis sa tribune dans l’hémicycle mardi soir. Pourtant, les projecteurs se sont détournés du président américain à plusieurs reprises pour mettre en lumière d'autres intervenants. Certains invités ont marqué la surprise.

Après quelques minutes de discours, les portes de la Chambre des représentants se sont ouvertes sur l'équipe américaine de hockey sur glace. Les joueurs, médailles olympiques autour du cou et tenue aux couleurs nationales, se sont tenus dans les escaliers au-dessus du président. Ils ont déclenché une vague d'acclamations et un rare moment d'unité, de la part des républicains comme des démocrates, qui ont scandé: «USA! USA! USA!» 

La stratégie des témoins

Si le discours sur l'état de l'Union est censé dresser le bilan de l'année présidentielle écoulée, Donald Trump a opté pour une stratégie différente, misant sur l'émotion. Pour appuyer ses propos visant à louer son administration, il a fait venir une série de civils, dont il a partagé les témoignages forts, parfois sordides. 

Pour rallier l’opinion publique à sa politique migratoire, il a notamment mis en avant des familles ayant perdu un proche dans des crimes commis par des migrants, détaillant ces affaires devant une assemblée muette. Le président s’appuie régulièrement sur ces affaires pour défendre son agenda sécuritaire, dans une stratégie qui accentue la mise en scène de la criminalité liée à l’immigration.

Les attaques frontales aux démocrates

Dès le début du discours, un incident donnait déjà le ton sur l'atmosphère tendue qui régnait au Congrès. Al Green, élu démocrate, a brandi une pancarte sur laquelle était inscrit: «Les Noirs ne sont pas des singes», en référence à une vidéo polémique relayée récemment par la Maison Blanche sur Barack et Michelle Obama. Escorté vers la sortie, l'élu texan s'est arrêté devant les rangs républicains, qui ont tenté de lui arracher la banderole des mains.

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Face à un hémicycle profondément divisé, Donald Trump a multiplié les attaques contre les démocrates. Tandis que les républicains ovationnaient chacune de ses déclarations, les élus libéraux sont restés largement impassibles face aux mêmes tacles constants. 

Le président a notamment soumis son auditoire à un test politique, invitant les élus à se lever s’ils estimaient que «le premier devoir du gouvernement est de protéger les citoyens américains, et non les étrangers en situation irrégulière». Après plus d’une minute d’attente, il a lancé aux élus du Parti de gauche, qu'il a traités de «fous»: «Vous devriez avoir honte de ne pas vous lever.»

Un échange virulent s'en est ensuite suivi sur le volet de l'immigration. L'élue démocrate Ilhan Omar a réagi à la mise en scène du président en hurlant: «Menteur!». A ses côtés, Rashida Tlaib a renchéri: «Vous avez tué des Américains! Honte à vous.» Les deux élues démocrates ont quitté la salle avant la fin du discours. La représentante de l’Illinois, Lauren Underwood, avait elle aussi quitté la salle en début d'allocution.

Fausses informations et exagérations

Au fil du discours, les médias américains ont passé plusieurs affirmations de Donald Trump sous la loupe. Certaines se sont révélées fausses, exagérées ou sorties de leur contexte.

Parmi elles, l'idée que les Etats-Unis «financent la quasi-totalité de l'OTAN», le «zéro impôt sur les pourboires», la «suppression de toute taxe sur la sécurité sociale», «18 milliards de dollars de nouveaux investissements», «la plus importante réduction d'impôts de l'histoire des Etats-Unis», ou encore un «revirement historique» de sa part après avoir hérité d'un pays «en crise et du chaos partout dans le monde». Celui qui s'imaginait recevoir le Prix Nobel de la paix n'a pas hésité à remettre sur la table le fait qu'il aurait, selon lui, mis fin à «huit guerres». 

Ces affirmations glissantes ont provoqué le départ de la députée démocrate Lauren Underwood, qui a déclaré aux journalistes qu'elle avait quitté la salle pendant le discours parce que Donald Trump «avait menti» sur les soins de santé. Selon elle, les coupes budgétaires dans Medicaid et Medicare ont entraîné une hausse massive des primes et une perte de couverture pour de nombreux Américains.

Politique internationale sous le tapis

En pleine tempête politique, malmené par les sondages et secoué par la Cour suprême sur ses droits de douane, on attendait de Donald Trump qu'il aborde les dossiers brûlants du moment au Capitole. Pourtant, l’affaire Epstein, l’Ukraine ou encore l’Iran ont été soit éludés, soit brièvement évoqués en fin d’une allocution qui semblait incroyablement similaire à toutes les précédentes.

Donald Trump a privilégié les affaires internes, à quelques mois des décisives «midterms», tout en balayant rapidement l'affaire épineuse des droits de douane. Le républicain verrait sa marge de manoeuvre réduite et son autorité sapée si son parti perdait le contrôle du Congrès lors de ces importantes législatives de novembre.

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