La situation près de Pokrovsk, dans l’est de l’Ukraine, est catastrophique. Dans un message publié sur X puis supprimé, la 7e unité d’intervention rapide de l’armée ukrainienne décrit des combats menés dans des conditions extrêmement difficiles.
Selon cette unité, les troupes russes contrôlent une grande partie du territoire et utilisent des drones ainsi que des systèmes de brouillage électronique afin d’isoler davantage les positions ukrainiennes. L’approvisionnement du front ne serait désormais possible que par pont aérien, les véhicules terrestres sans pilote étant immédiatement détruits. «Les troupes sur la ligne de front doivent être relevées de toute urgence», rapporte le portail t-online.
«Zone de la mort»
Une «zone de mort» de près de 25 kilomètres, constamment surveillée par des drones russes, inquiéterait particulièrement les soldats ukrainiens. Selon l’armée, les véhicules blindés ne peuvent avancer que sur une dizaine de kilomètres avant d’être forcés de s’arrêter. Les soldats doivent ensuite continuer à pied, les véhicules étant immédiatement repérés et détruits.
Les militaires seraient contraints de se cacher en permanence, notamment dans les forêts ou les ravins. Un trajet de 15 kilomètres dans cette zone prendrait désormais jusqu’à trois jours. L’unité évoque «trois jours de sprints» et de «jeux de cache-cache avec la mort».
La situation serait encore plus critique pour les blessés. Leur évacuation ne pourrait souvent se faire qu’à pied. L’unité décrit aussi une «zone grise» devant Pokrovsk, où opère l’infanterie russe. Les Russes ne contrôlent pas totalement le secteur, mais atteindre la ville reviendrait à mener une attaque frontale sans soutien blindé. «Le fantassin est constamment repéré et attaqué par des drones dont il ne peut pas voir les points de départ», écrit encore t-online.
Les difficultés d'approvisionnement
Ce n’est pas la première fois que des soldats ukrainiens dénoncent leurs conditions sur le front. Fin avril, des images tournées près de Koupiansk avaient provoqué l'indignation. On y voyait des soldats amaigris, épuisés et terrorisés.
Les forces ukrainiennes stationnées près de la ville auraient souffert pendant des mois d’un manque extrême d’approvisionnement. Selon l’épouse d’un soldat, certains hommes auraient dû boire de l’eau de pluie et faire fondre de la neige pour survivre. Face à ces conditions, l’armée ukrainienne a finalement relevé le commandant responsable de ses fonctions.