L'Organisation de coopération et de développement économiques a identifié «de graves manquements» dans la mise en oeuvre par la Turquie de la Convention anticorruption de l'OCDE, dans une évaluation publiée jeudi, qui avertit d'une «vigilance renforcée» à l'égard du pays.
Cette évaluation émane du Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption dans le cadre de transactions commerciales internationales. Le Groupe de travail pointe «l'absence d'effort significatif pour enquêter et poursuivre les allégations crédibles de corruption d'agent public étranger» et «l'absence de stratégie de lutte contre la corruption d'agent public étranger», a indiqué l'OCDE dans un communiqué.
Il signale aussi des «lacunes législatives en matière de responsabilité des personnes morales», «l'impossibilité d'imposer des amendes à des personnes physiques en cas de corruption d'agent public étranger» ou «le défaut de protection des lanceurs d'alerte dans les secteurs privé et public».
«Des mesures de vigilance»
Le Groupe de travail précise que le non-respect par la Turquie de «dispositions essentielles» de la Convention anticorruption «pourrait rendre nécessaire une vigilance renforcée à l'égard d'entreprises turques par leurs partenaires commerciaux, les banques multilatérales de développement, les pays membres du Groupe de travail, et d'autres juridictions».
L'appel à une vigilance renforcée est une des mesures pouvant être prise par le Groupe de travail à l'égard d'un pays dans le cadre de ses évaluations en cas de mise en oeuvre «inadéquate» de la Convention sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales.
Il s'agit d'une «déclaration publique» indiquant que «des mesures de vigilance renforcée peuvent être décidées à l'égard des entreprises de ce pays». Cet avertissement peut être levé une fois que les problèmes qui ont été soulevés ont été réglés.