«C'est la prophétie!»
Les troupes MAGA restent vent debout derrière Trump malgré la guerre

Les frappes américaines en Iran divisent la droite, mais la base «MAGA» reste fidèle à Donald Trump. Pour ses partisans, le président «sait ce qu'il fait» malgré les critiques et les sacrifices militaires.
Un homme avec le tatouage MAGA assiste à un rassemblement électoral à Coachella, le 12 octobre 2024. (Image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

Le conflit au Moyen-Orient indigne les démocrates, déplaît aux indépendants et inquiète quelques commentateurs conservateurs influents, mais il n'ébranle pas, jusqu'ici, la confiance des adeptes du mouvement «MAGA» en Donald Trump. L'AFP a repris contact cette semaine par téléphone avec des partisans du dirigeant républicain rencontrés en mars et septembre 2024, en pleine campagne pour la présidentielle. Le candidat Trump promettait de faire baisser le coût de la vie et de mettre l'«Amérique d'abord», sans plus jamais l'engager dans des guerres à l'étranger.

Mais fin février, le président Trump a lancé les Etats-Unis dans un conflit à l'issue incertaine qui a déjà coûté la vie à une douzaine de militaires et fait flamber le prix de l'essence. Pourtant, Christy Edwards, professeure de lycée à la retraite, âgée de 55 ans, qui vit en Caroline du Nord (sud-est), lui «fait confiance».

Jane Sick, une mère au foyer de 64 ans près de Richmond en Virginie (sud-est), est également convaincue que le président «sait ce qu'il fait». «Je suis triste pour les familles (des militaires tués), mais malheureusement cela fait partie de ce qui arrive quand on s'engage dans un conflit», ajoute-t-elle, en écho à Donald Trump lui-même. «Il y en aura certainement plus avant que cela ne finisse. C'est comme ça», avait réagi le président après l'annonce des premières pertes américaines, au Koweït.

«MAGA, c'est Trump»

Shelley Hughes, sexagénaire de Caroline du Nord, n'est pas totalement enthousiaste sur la guerre au Moyen-Orient: «Il y a des choses qu'il faut faire, mais je ne suis pas toujours d'accord avec la manière dont elles sont faites», dit-elle, évasive. Mais cette électrice de Trump ne lui tourne pas le dos: «Je lui fais confiance. Je prie pour qu'il prenne les bonnes décisions pour les bonnes raisons.»

Selon un sondage réalisé du 13 au 18 mars par Public First pour Politico, 70% des électeurs de Donald Trump en 2024 soutiennent les frappes en Iran. La proportion monte à 81% chez ceux se revendiquant du mouvement «MAGA». Le noyau dur des partisans de Donald Trump ne semble donc pas, pour l'instant, profondément ébranlé par les critiques de certaines figures de la droite radicale, comme Tucker Carlson, Megyn Kelly, Marjorie Taylor Green, Matt Walsh. L'influent et richissime David Sacks, qui pilote les dossiers liés à l'intelligence artificielle de la Maison Blanche, a appelé le président américain à «déclarer victoire» et cesser l'offensive.

«Il y a une faction, majoritairement mais pas exclusivement dans le Parti républicain, qui veut l'escalade du conflit», a-t-il critiqué dans un récent podcast. Donald Trump a balayé toute idée de désaffection parmi ses partisans, en faisant valoir que le mouvement qu'il a lancé se confond avec sa personne. «MAGA, c'est Trump», a-t-il lancé dans une interview avec la journaliste Rachael Bade. L'alliance étroite avec Israël, critiquée par certains commentateurs de droite radicale, n'ébranle pas Christy Edwards, au contraire.

«Un président qui a les testicules»

«C'est biblique, c'est la prophétie», dit-elle. «Nous Américains sommes toujours alliés d'Israël, quoi qu'il arrive». Cette «prophétie» évoque une croyance de certains chrétiens américains, selon laquelle la guerre contre l'Iran et plus largement les ennemis d'Israël amèneront la fin des temps et un retour du Christ sur terre.

Plus prosaïque, Edward X. Young, 66 ans, juge que les Etats-Unis sont chanceux d'avoir «enfin un président qui a les testicules» de s'en prendre à l'Iran, selon lui «en guerre» avec les Etats-Unis depuis 47 ans. Ce résident du New Jersey, qui a assisté à une centaine de meetings du milliardaire, assure donc que le conflit n'est pas «une rupture de la promesse» de paix «puisque le président Trump (ne l'a) pas déclenché.»

Dans le sondage Politico déjà cité, 37% de la cohorte des électeurs trumpistes se revendiquant du mouvement «MAGA» jugent comme lui que le républicain a tenu parole. 36% estiment au contraire que Donald Trump a renié sa promesse de campagne, à savoir ne pas lancer de nouvelle guerre, mais jugent qu'il était nécessaire de le faire.

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