Un geste inédit depuis 1979
Trump veut parler à Taïwan, Pékin ne le lâche pas des yeux

Donald Trump a annoncé vouloir discuter avec le président taïwanais Lai Ching-te, un geste inédit depuis 1979. Pékin, opposé à toute reconnaissance de Taïwan, surveille de près cette potentielle avancée diplomatique.
Xi Jinping accueille Donald Trump à son arrivée à Zhongnanhai, à Pékin, capitale de la Chine, le 15 mai 2026.
Photo: IMAGO/Xinhua
Post carré.png
AFP Agence France-Presse

Donald Trump a assuré mercredi qu'il parlerait au président taïwanais Lai Ching-te, une perspective immédiatement saluée par les autorités de l'île, pour ce qui serait une première depuis 1979.

Ces déclarations d'intention interviennent juste après une visite à Pékin du président américain, au terme de laquelle il a déclaré avoir «beaucoup parlé» de ce dossier hautement inflammable avec son homologue chinois Xi Jinping.

«Je parlerai avec (Lai). Je parle avec tout le monde», a déclaré Donald Trump à des journalistes qui l'interrogeaient sur cette possibilité, une ligne rouge pour Pékin. «Nous allons travailler (sur) le problème de Taïwan.»

Le ministère des affaires étrangères de Taipei a répondu peu après que l'île était «déterminée à maintenir le statu quo dans le détroit de Taïwan», estimant que la Chine était «le perturbateur de la paix et de la stabilité» dans la région. Lai serait «heureux de discuter de ces questions avec le président Trump», a ajouté son communiqué.

La Chine considère Taïwan comme sa province

Peu après sa première élection en 2016 mais avant de prendre ses fonctions, Donald Trump avait accepté un coup de téléphone de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, suscitant l'ire de Pékin. Mais jamais des présidents américains et taïwanais en exercice ne se sont parlés directement depuis que Washington a transféré ses relations diplomatiques de Taipei à Pékin, en 1979.

La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force. A Pékin, le locataire de la Maison Blanche avait mis en garde les dirigeants de l'île contre toute proclamation d'indépendance.

«C'est un très bon atout»

«Je n'ai pas envie que quelqu'un déclare l'indépendance et, vous savez, nous sommes ensuite censés faire 15'000 kilomètres pour faire la guerre», avait-il expliqué vendredi à Fox News. Washington a approuvé fin 2025 la deuxième vente d'armes à Taïwan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, pour une valeur de 11,1 milliards de dollars.

Mais le président réserve sa réponse concernant la suite des livraisons souhaitées par Taipei. «Cela dépendra de la Chine. C'est un très bon atout de négociation pour nous», avait-il déclaré. Lai Ching-te s'en est ému, relevant que «Taïwan se trouvait au coeur des intérêts mondiaux». Selon lui, «la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan ne seront jamais sacrifiées ni marchandées».


Articles les plus lus