Les députés de l'opposition taïwanaise ont échoué mardi à destituer le président Lai Ching-te, le nombre de voix en faveur de la motion étant resté bien en deçà du minimum requis. 56 députés ont soutenu la destitution du président taïwanais et cinquante s'y sont opposés. Le nombre de voix favorables était inférieur au minimum des deux tiers des 113 sièges du Yuan législatif requis pour que la motion soit adoptée.
Le Premier ministre Cho Jung-tai a promis mardi de «continuer à oeuvrer pour la réconciliation et la coexistence» avec les partis d'opposition – le Kuomintang (KMT, majoritaire) et le Parti populaire taïwanais (TPP). Mais les divisions restent profondes. L'un des principaux points de discorde entre le gouvernement de Lai Ching-te et l'opposition porte sur le montant des dépenses à allouer à la défense de l'île contre une éventuelle attaque de la Chine.
«Manipuler les luttes politiques»
Pékin revendique Taïwan comme une partie de son territoire et n'exclut pas de recourir à la force pour la voir passer sous son giron. Les députés de l'opposition ont qualifié Lai Ching-te de «dictatorial». Wu Szu-yao, députée du Parti démocrate progressiste (PDP) – la formation du président – a déclaré lundi que le KMT et le TPP «s'associent à des forces hostiles extérieures pour manipuler les luttes politiques à Taïwan».
Le KMT et le TPP ont rejeté la proposition du gouvernement de dépenser 1250 milliards de nouveaux dollars de Taïwan (un peu plus de 31 milliards de francs) dans des armes stratégiques, qui comprenaient des armements américains ainsi que des drones et d'autres munitions produits localement. A la place, après des mois de querelles politiques, les partis d'opposition ont voté un budget de 780 milliards de dollars taïwanais (près de 19,5 milliards de francs) destiné uniquement à l'achat d'armes américaines.
Lai Ching-te, fervent défenseur de la souveraineté de Taïwan, a accusé la Chine d'être la «cause fondamentale» de l'instabilité dans la région. Le KMT, qui est partisan de relations plus étroites avec la Chine et dont la présidente, Cheng Li-wun, s'est récemment rendue à Pékin pour y rencontrer le président chinois Xi Jinping, impute à Lai Ching-te l'aggravation des tensions dans le détroit.