La Cour suprême de Virginie a annulé vendredi le redécoupage électoral de cet Etat américain destiné à favoriser les démocrates, un revers pour l'opposition à Donald Trump, à moins de six mois des élections législatives de mi-mandat. Le président républicain s'est aussitôt félicité d'une «énorme victoire» pour son parti et «pour l'Amérique», dans un message sur son réseau Truth Social.
En faisant pression en 2025 sur le Texas (sud) pour qu'il redessine sa carte électorale en faveur des républicains, Donald Trump a déclenché une vague de redécoupages électoraux à travers le pays, y compris dans des Etats dirigés par des démocrates décidés à répondre coup pour coup, comme la Virginie (est) ou la Californie (ouest).
Donald Trump tente ainsi de préserver la faible majorité républicaine au Congrès après les élections de mi-mandat en novembre, qui s'annoncent périlleuses pour son camp. Ce scrutin vise à pourvoir la totalité des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi que 33 des 100 sièges au Sénat. Les républicains ne disposent actuellement que d'une faible majorité dans ces deux assemblées, et les démocrates espèrent bien reprendre le contrôle de la Chambre, voire du Sénat.
La décision le 29 avril de la Cour suprême des Etats-Unis, à majorité conservatrice, de restreindre les découpages électoraux visant à favoriser la représentation des minorités a encore envenimé cette bataille, en particulier dans le Sud. Redessiner les circonscriptions de manière partisane, aboutissant souvent à des contours géographiques ubuesques, est une vieille recette de cuisine électorale aux Etats-Unis, connue sous le nom de «gerrymandering».
«Notre combat ne fait que commencer»
En Virginie, le redécoupage, à l'initiative des démocrates, leur aurait quasiment assuré de porter de 6 à 10, sur 11 au total, leur nombre de députés dans cet Etat. Il a été approuvé à une courte majorité par référendum le 21 avril. Mais la Cour suprême de Virginie l'a annulé pour des raisons de procédure, considérant que le processus n'avait pas respecté les exigences de la Constitution de l'Etat et qu'en conséquence ce référendum était «nul et non avenu». Un éventuel recours reste possible devant la Cour suprême des Etats-Unis.
Le chef des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a dénoncé dans un communiqué une décision «sans précédent et antidémocratique», précisant que son parti étudiait «toutes les options» pour en obtenir l'invalidation. «Quoi qu'il en coûte, les démocrates remporteront la Chambre en novembre», a-t-il affirmé, ajoutant : «Notre combat ne fait que commencer».
Cette décision intervient en pleine fièvre de charcutage électoral dans le Sud, où plusieurs gouverneurs républicains, comme en Louisiane, en Alabama et en Caroline du Sud, ont déjà annoncé leur volonté de redessiner leurs circonscriptions pour éliminer des sièges démocrates. Le Tennessee a adopté jeudi une nouvelle carte éliminant une circonscription à la population majoritairement noire afin de priver les démocrates de leur unique siège de député sur les neuf que compte l'Etat.