En bref
- La présidente slovène Natasa Pirc Musar a démenti tout lien avec les renseignements russes après des accusations liées à une amie d'origine russe, Viktorija Krivolucka, révélées suite à un accident de voiture en juillet 2026.
- La Commission parlementaire slovène a convoqué une séance urgente pour enquêter sur une possible ingérence russe.
- Les médias rapportent que Viktorija Krivolucka, naturalisée slovène en 2016, aurait été proche de Roman Jeglic, un ex-agent des renseignements slovènes réfugié en Russie. Krivolucka affirme ne plus avoir de contact avec lui depuis 15 ans.
La présidente slovène, Natasa Pirc Musar, a dû démentir tout lien avec les services de renseignement russes après qu'un banal accident de voiture a révélé sa proximité avec une Slovène d'origine russe sur laquelle porte le soupçon.
Mercredi, la Commission parlementaire pour les questions de sécurité, composée de membres de tous les partis, a demandé une séance urgente la semaine prochaine visant à demander à l'agence de renseignement slovène SOVA un rapport sur une possible interférence de la Russie dans la souveraineté et la sécurité nationales.
La veille, la présidence slovène avait été contrainte, face aux révélations de la presse, de démentir tout lien avec Moscou. «Nous nions avec force que la présidente collabore avec les réseaux de renseignement russes» a-t-elle déclaré dans un communiqué mardi.
Amitié avec un Slovène en exil en Russie
Natasa Pirc Musar avait été hospitalisée en juillet avec une fracture de la clavicule après un accident de la circulation au cours duquel son véhicule officiel transportait également selon ses services «deux passagers qui sont des amis de la présidente».
Des médias locaux ont alors révélé qu'un de ces passagers était Viktorija Krivolucka, une amie de longue date de la présidente, originaire de Russie et naturalisée slovène en 2016. Viktorija Krivolucka et Pirc Musar se sont rendues en Russie ensemble plusieurs fois avant que cette dernière n'accède à la présidence de son pays en 2022, selon ces médias.
Lundi, le journal slovène Dnevnik et l'agence autrichienne APA ont publié une enquête affirmant que Viktorija Krivolucka était étroitement liée à Roman Jeglic, un ancien responsable déchu des services de renseignement slovènes qui s'était enfui en Russie dans les années 1990.
Liens avec le FSB démenti
Dans un communiqué envoyé à la chaîne de télévision privée POP, Viktorija Krivolucka a confirmé avoir vécu «des années» avec Roman Jeglic en Russie après que celui-ci avait quitté la Slovénie, mais a affirmé n'avoir eu aucun contact avec lui depuis 15 ans.
Le Parti démocratique slovène, au pouvoir, a appelé le gouvernement à priver Natasa Pirc Musar, la présidente du pays, de tout accès aux rapports des services de renseignement, estimant qu'elle pouvait être elle-même liée aux services russes. Le cabinet de la présidente a nié mardi tout lien entre Viktorija Krivolucka et le renseignement russe, arguant que ces liens auraient inévitablement empêché sa naturalisation.
Natasa Pirc Musar a été élue en candidate indépendante à la présidence slovène en 2022 et est généralement considérée comme libérale et pro-européenne, en faveur des droits humains, de la transparence et de l'Etat de droit. Elle a dénoncé à plusieurs reprises l'invasion armée lancée en 2022 par le Kremlin contre l'Ukraine.