Berlin sceptique
Poutine veut nommer l'ex-chancelier controversé Schröder comme médiateur pour l'Ukraine

L'Allemagne rejette l'idée de Vladimir Poutine de nommer l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur dans la guerre en Ukraine. Schröder, proche de Poutine, reste une figure controversée en Allemagne.
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Poutine et Schröder en 2004.
Photo: imago/photothek
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AFP Agence France-Presse

L'initiative du président russe Vladimir Poutine, qui a proposé son ami et ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur dans la guerre en Ukraine, a été accueillie froidement par Berlin dimanche. Interrogé samedi sur son candidat favori pour reprendre le dialogue avec les Européens, Vladimir Poutine a répondu qu'il préférait «personnellement» Gerhard Schröder.

Au pouvoir de 1998 à 2005, ce social-démocrate de 82 ans est depuis vingt ans un soutien fidèle du chef de Kremlin.»Nous avons pris note de ces déclarations», qui «s'inscrivent dans une série de fausses offres» russes, ont indiqué à l'AFP dimanche des sources gouvernementales.

«Le pote de Poutine»

Berlin y voit en filigrane «la stratégie hybride bien connue» du Kremlin et ajoute qu'«un premier test de crédibilité serait que la Russie prolonge la trêve». Le refus de Gerhard Schröder de condamner l'invasion russe en Ukraine en 2022 lui a valu l'opprobre au sein du SPD, parti minoritaire de la coalition de Friedrich Merz, et lui a coûté certains de ses avantages d'ex-chancelier.

Il a également eu des rôles clés dans les projets de gazoducs Nord Stream 1 et 2 ainsi qu'une place au conseil d'administration du pétrolier russe Rosneft, abandonnée en 2022.

Un médiateur entre la Russie et l'Union européenne ne peut «tout simplement pas être le pote de Poutine», a déclaré Michael Roth, ancien président social-démocrate de la commission des Affaires étrangères du Bundestag, dans une interview au Tagesspiegel. «L'essentiel est que (ce médiateur) soit avant tout accepté par l'Ukraine. Ni Moscou ni nous ne pouvons en décider à la place de Kiev», a-t-il ajouté.

A soupeser

Mais d'autres membres du SPD, traversé par un courant pacifiste, se montrent plus ouverts à la proposition de Vladimir Poutine. «Cela doit être soigneusement pesé en étroite concertation avec nos partenaires européens et ne pas être exclu d'emblée de manière catégorique», a souligné Adis Ahmetovic, porte-parole du SPD pour les affaires étrangères au Bundestag, auprès de l'hebdomadaire Spiegel.

«Si l'on ne veut pas que Poutine et Trump décident seuls de l'avenir de l'Ukraine, il faut saisir chaque chance. Même si elle est infime», a abondé le député Ralf Stegner dans les colonnes du Spiegel.

«Le gouvernement fédéral devrait soutenir cette initiative de toutes ses forces», a réagi auprès du journal Welt Markus Frohnmaier, député de l'AfD parti d'extrême droite prorusse et principale force d'opposition en Allemagne.

Cette offre de Poutine est «une pure manoeuvre rhétorique» , rétorque Agnieszka Brugger, la vice-présidente du groupe parlementaire des Verts, dans Welt.

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