«Une légalité absolue»
Pedro Sánchez soutient un ex-Premier ministre sous enquête

Pedro Sánchez a défendu mardi José Luis Rodriguez Zapatero, accusé de trafic d'influence dans l'affaire du sauvetage de Plus Ultra en 2021. L'ancien Premier ministre espagnol nie fermement les accusations.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez à Madrid, en Espagne, le 20 mai 2026.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a exprimé mardi au Parlement son «soutien» à l'ancien chef du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, poursuivi pour trafic d'influence dans une enquête sur le sauvetage en 2021 d'une petite compagnie aérienne.

«Tout mon soutien au président du gouvernement Zapatero», a lancé Pedro Sánchez dans l'hémicycle lors des questions au gouvernement, appelant au «respect de la présomption d'innocence».

«José Luis Rodriguez Zapatero a étendu les droits et les libertés (en Espagne, ndlr). Il nous a sortis d'une guerre illégale en Irak, et il a mis fin à l'ETA», organisation séparatiste basque, a poursuivi le Premier ministre pour défendre celui qui a dirigé l'Espagne de 2004 à 2011 et qui reste une figure très influente au sein de la gauche espagnole.

Depuis mardi et l'annonce de la mise en cause de l'ancien chef de gouvernement, l'opposition de droite appelle encore une fois à la démission de Pedro Sánchez, dont plusieurs proches sont poursuivis dans différentes affaires, et qui a de nouveau écarté mercredi l'idée de se retirer ou de convoquer des élections législatives anticipées.

«Transparence et légalité absolues»

«Il y aura des élections en 2027, et si les Espagnols le souhaitent, nous serons encore là», a-t-il ajouté. José Luis Rodriguez Zapatero a nié lundi les accusations de trafic d'influence portées contre lui par la justice, assurant avoir «toujours» agi en toute légalité.

«Mon activité privée, ainsi que les revenus et rémunérations que j'ai perçus, ont été déclarés via l'impôt sur le revenu, avec une transparence et une légalité absolues», a-t-il dit dans une vidéo. L'enquête se concentre sur le sauvetage, en pleine pandémie de Covid-19, de la toute petite compagnie aérienne Plus Ultra, renflouée grâce à un prêt de 53 millions d'euros d'argent public en mars 2021.

José Luis Rodriguez Zapatero sera entendu le 2 juin prochain en tant que «chef présumé d'une structure stable et hiérarchisée de trafic d'influence», ayant notamment «eu recours (...) à des circuits financiers opaques» pour «dissimuler l'origine et la destination des fonds» et obtenir des pots-de-vin, a précisé lundi l'Audience nationale, le tribunal spécialisé en Espagne dans les affaires les plus sensibles, en citant l'ordonnance du juge.

«Je n'ai jamais effectué la moindre démarche (...) en lien avec le sauvetage de Plus Ultra», s'est défendu l'ancien dirigeant socialiste dans sa vidéo. C'est la première fois dans l'histoire récente de l'Espagne qu'un ancien chef de gouvernement est directement mis en cause par la justice.


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