Des commissions occultes
Un ex-Premier ministre espagnol sous enquête pour trafic d'influence

L'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero est convoqué le 2 juin par l'Audience nationale. Il est visé par une enquête pour trafic d'influence liée au sauvetage public de la compagnie aérienne Plus Ultra en 2021.
L'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero à Madrid, en Espagne, le 21 juillet 2023.
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

L'ancien Premier ministre socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero est visé par une enquête pour trafic d'influence dans l'affaire du sauvetage public de la compagnie aérienne Plus Ultra, liée au Venezuela, pendant la pandémie de Covid-19, a annoncé mardi la justice espagnole.

Le tribunal de l'Audience nationale, spécialisé dans les affaires sensibles, a indiqué «convoquer» l'ex-chef du gouvernement le 2 juin prochain afin de l'entendre sur «le sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra», renflouée grâce à un prêt de 53 millions d'euros d'argent public en mars 2021 (bien 2021).

José Luis Rodriguez Zapatero, mis en cause pour des délits présumés de «trafic d'influence et autres infractions connexes», n'était alors plus chef de gouvernement. C'est la première fois qu'un ancien Premier ministre est officiellement poursuivi en Espagne.

Plus Ultra, poids plume du ciel espagnol, ne desservait en 2021 que l'Equateur, le Pérou et le Venezuela, avec quatre Airbus A-340. La compagnie avait pourtant bénéficié de ce prêt d'urgence accordé par le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez, grâce à un fonds spécial de dix milliards d'euros destiné au sauvetage d'entreprises «stratégiques» mises en difficulté par la pandémie de Covid-19.

Des commissions occultes

Selon le quotidien El Pais qui cite des sources proches de l'investigation, les enquêteurs s'intéressent à une société de conseil appartenant à un proche de José Luis Rodriguez Zapatero. Celle-ci aurait servi de relais financier pour verser des commissions occultes. Des perquisitions ont ciblé les bureaux de l'ancien chef du gouvernement, ainsi que les entreprises de ses filles.

Le sauvetage de Plus Ultra avait outré l'opposition de droite qui avait souligné que l'entreprise était liée au Venezuela et que le ministre espagnol des Transports de l'époque, José Luis Abalos, aujourd'hui en prison et mis en examen pour corruption dans une autre affaire, avait rencontré à Madrid en janvier 2020 la N.2 du gouvernement vénézuélien Delcy Rodriguez, interdite d'entrée dans l'Union européenne à l'époque, et qui a depuis succédé à Nicolas Maduro.

Le siège de Plus Ultra est à Madrid, mais l'entreprise compte parmi ses principaux actionnaires des hommes d'affaires vénézuéliens, présentés par la droite comme proches du régime du président déchu Nicolas Maduro.



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