Le blocus d'Ormuz fait trembler l'Iran
Les mollahs pourraient perdre des centaines de millions de dollars... par jour!

Donald Trump veut affaiblir l’Iran en bloquant totalement le détroit d’Ormuz. Un tel coup de force pourrait coûter 435 millions par jour à Téhéran, estime un expert.
1/4
Le président américain Donald Trump veut assommer l'Iran avec un blocus total du détroit d'Ormuz.
Photo: AFP
RMS_Portrait_AUTOR_377.JPG
Martin Schmidt

Après l'échec des négociations, le président américain Donald Trump entend faire plier l’Iran en imposant un blocus total du détroit d’Ormuz. Si les Etats-Unis parvenaient à fermer pleinement cette artère stratégique, les conséquences économiques pour Téhéran pourraient être dévastatrices.

Miad Maleki, chercheur américain spécialisé dans les sanctions à l'encontre de l'Iran, a tenté de chiffrer l’impact potentiel d'un tel blocage. Ancien responsable au sein des autorités américaines chargées des sanctions, il travaille aujourd’hui pour la Foundation for the Defense of Democracies à Washington. Selon ses calculs, une fermeture totale pourrait coûter jusqu’à 435 millions de dollars par jour à l’Iran, soit près de 13 milliards sur un mois.

Un moteur d'inflation

Dans le détail, l’Iran ferait une croix sur environ 276 millions de dollars d'exportations chaque jour, principalement du pétrole, du gaz et des produits chimiques liés aux engrais. L'impact du blocus dépasserait largement les frontières de la République islamique: le détroit d’Ormuz constituant une porte d’entrée essentielle vers le marché mondial, ces volumes ne pourraient donc plus être redirigés ailleurs à court terme.

Les importations seraient également touchées, à hauteur de 159 millions de dollars par jour. Des biens de consommation et des machines indispensables à l’industrie ne pourraient ainsi plus être achetés.

Le coup serait terrible pour une économie iranienne, déjà grandement fragilisée par une forte inflation: selon des chiffres de l'OMS, les prix des denrées alimentaires ont bondi de près de 150% sur le seul mois de mars. Sans recettes, la monnaie iranienne – le rial – risquerait de s’effondrer davantage et d'aggraver ainsi une situation déjà critique pour la population.

L'Iran risque de subir des dommages durables de plusieurs milliards

L'Iran voit enfin poindre un dernier problème, et pas des moindres: la saturation des capacités de stockage du pétrole, dont on estime le taux de remplissage actuel à 60%. Avec une production excédentaire d’environ 1,5 million de barils par jour habituellement destinés à l'exportation, les réservoirs atteindraient leurs limites en à peine 13 jours.

L’arrêt forcé de certains champs pétroliers pourrait alors causer des dommages durables. «Ces fermetures pourraient détruire de manière permanente entre 300’000 et 500’000 barils de capacité quotidienne», avertit Miad Maleki sur X. Cela représenterait une perte annuelle de 9 à 15 milliards de dollars.

Contenu tiers
Souhaitez-vous voir ces contributions externes (par exemple Instagram, X et d'autres plateformes) ? Si vous acceptez, des cookies peuvent être installés et des données peuvent être transmises à des fournisseurs externes. Cela permet l'affichage de contenus externes et de publicités personnalisées. Votre décision s'applique à l'ensemble de l'application et peut être révoquée à tout moment dans les paramètres.

Pour l’expert, le constat est clair: «Un blocus rendrait toute résistance économique durable impossible.» Reste une incertitude majeure: malgré l’annonce américaine, plusieurs navires seraient parvenus à franchir le détroit d’Ormuz, selon des médias internationaux. La capacité réelle des Etats-Unis à imposer une fermeture totale est donc mise en doute.

Se pose également la question du coût d’une telle stratégie. Téhéran menace en retour de perturber les exportations pétrolières des autres Etats du Golfe. Un tel scénario aurait des répercussions majeures sur l’économie mondiale – y compris sur celle des Etats-Unis, et donc sur Donald Trump lui-même.

Articles les plus lus