Les Etats-Unis ont autorisé vendredi la vente et la livraison de pétrole et dérivés de pétrole iraniens se trouvant sur des navires avant le 20 mars. L'espoir de Washington est d'endiguer la flambée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient.
Après l'annonce de cet allègement des sanctions par le service gouvernemental américain chargé des sanctions (OFAC), le ministre américain des finances Scott Bessent a expliqué dans un communiqué que le trésor avait élaboré «une autorisation très finement circonscrite, de court terme, permettant la vente de pétrole iranien actuellement bloqué en mer». Cela «ne permet pas de nouveaux achats ou production», a-t-il prévenu.
«En débloquant temporairement cet approvisionnement, les Etats-Unis vont rapidement apporter environ 140 millions de barils de pétrole sur le marché mondial, accroître la quantité d'énergie dans le monde et aider à alléger les pressions temporaires sur l'approvisionnement dues à l'Iran», a-t-il poursuivi. «Concrètement, nous allons utiliser les barils iraniens contre Téhéran pour maintenir les cours [des hydrocarbures, ndlr] bas tandis que nous continuons l'opération Epic Fury», nom de l'offensive militaire israélo-américaine lancée le 28 février contre l'Iran.
Pas de surplus, dit Téhéran
M. Bessent avait indiqué jeudi que les Etats-Unis envisageaient d'assouplir les sanctions contre l'Iran, pour permettre ces transactions. Il avait précisé que cette détente s'appliquerait uniquement au pétrole iranien déjà stocké en mer sur des navires.
Téhéran avait toutefois répondu vendredi ne disposer d'aucun surplus de pétrole brut en mer. «Actuellement, l'Iran n'a en réalité plus de surplus de brut en mer ou pour approvisionner les marchés internationaux et les propos du secrétaire américain au trésor visent uniquement à donner de l'espoir aux acheteurs», a posté sur le réseau social un porte-parole du ministère iranien du pétrole.
Le blocage du détroit d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, et les nombreuses attaques sur les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient ont fait bondir les cours du brut.
Les cours du pétrole ont terminé vendredi en hausse, restant toutefois sous le seuil des 120 dollars le baril, tutoyé à plusieurs reprises depuis le début du conflit. Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 3,26% à 112,19 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), traditionnellement moins cher, a avancé de 2,27% à 98,32 dollars. Le 27 février, veille de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, le Brent de la mer du Nord avait terminé à 72,48 dollars et le WTI à 67,02 dollars.