Une «avancée majeure»
Moderna et Merck présentent des résultats encourageants pour un vaccin contre le cancer de la peau

Merck et Moderna annoncent des résultats encourageants pour un vaccin personnalisé contre le cancer de la peau. Le traitement a réduit le risque que le mélanome réapparaisse chez les patients testés après leur opération.
Le traitement «intismeran autogene» utilise l'ARN messager, une technologie déjà employée pour les vaccins contre le Covid-19.
Photo: Shutterstock
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AFP Agence France-Presse

Les laboratoires américains Merck et Moderna ont annoncé mercredi des résultats positifs lors de la dernière phase d'essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau, une «avancée majeure» dans le traitement de cette maladie selon les experts. L'annonce a été applaudie à Wall Street: le cours de l'action Moderna a été multiplié par plus de 2,5, soit un gain de plus de 40 milliards de dollars de capitalisation boursière. Le titre Merck a lui bondi de plus de 12%.

Ce nouveau traitement, nommé «intismeran autogene», repose sur la technologie de l'acide ribonucléique messager (ARNm), déjà utilisée pour les vaccins contre le Covid-19. Il s'agit d'une grande première, les chercheurs tentant depuis des années de mettre au point des traitements à base d'ARNm contre le cancer.

«Il s'agit de la première annonce de résultats positifs de phase 3 (...) pour une thérapie anticancéreuse à base d'ARNm», ont souligné Merck et Moderna dans un communiqué conjoint. Leur thérapie personnalisée, combinée à l'immunothérapie Keytruda de Merck, a permis d'améliorer de manière «statistiquement significative» la survie sans récidive chez des patients atteints d'un mélanome de stade avancé et préalablement opérés, par rapport à un traitement par Keytruda seul, ont affirmé les deux laboratoires.

Il s'agit d'un traitement «sur mesure», conçu à partir des mutations spécifiques de la tumeur de chaque patient, qui consiste à dicter aux cellules du corps comment fabriquer des protéines capables de déclencher une réponse immunitaire. L'objectif est d'entraîner et d'activer le système immunitaire du patient afin qu'il reconnaisse et attaque les cellules cancéreuses.

Des résultats «très encourageants»

Au-delà de la bonne nouvelle pour les patients atteints d'un mélanome, l'oncologue Marco Gerlinger, professeur au Barts Cancer Institute de Londres, a souligné que ces résultats étaient une «preuve de concept que les vaccins anticancéreux personnalisés fonctionnent». «Je pense qu'il est correct de parler d'avancée majeure dans le développement de nouvelles immunothérapies contre le cancer», a-t-il ajouté, relevant toutefois que le communiqué de presse manquait de détails.

Même son de cloche chez Lennard Lee, oncologue et professeur assistant à l'Université d'Oxford, qui, bien que saluant des résultats «très encourageants», attend désormais de «voir les données complètes» de ces essais cliniques. Ceux-ci ont été menés sur 1137 personnes. Merck et Moderna prévoient désormais de présenter ces données lors d'un prochain congrès médical et d'entamer des démarches auprès des autorités pour demander l'approbation de ce traitement.

Moderna s'était fait connaître du grand public en devenant l'un des pionniers mondiaux des vaccins à ARN messager. Elle avait notamment été l'une des premières sociétés, avec BioNTech/Pfizer, à développer et commercialiser à grande échelle un vaccin avec cette technologie contre le Covid-19.

«Pendant de nombreuses années, l'idée de créer un traitement par ARNm conçu spécifiquement pour le cancer d'un individu était difficile à imaginer. Nous contribuons aujourd'hui à transformer cette vision en réalité», a déclaré Stéphane Bancel, le dirigeant de Moderna, cité dans le communiqué. Le mélanome est l'une des formes les plus mortelles de cancer de la peau, avec plus de 330'000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022, un chiffre en croissance, rappellent les laboratoires.

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