Pleurer avec son patient?
L'empathie d'un médecin ne ruine pas sa crédibilité

Une étude de l’Université de Berne montre que les médecins exprimant leurs émotions gagnent la confiance des patients, même en annonçant de graves nouvelles. Les résultats sont basés sur plus de 7000 scénarios fictifs.
Une étude de l’Université de Berne montre que les médecins exprimant leurs émotions gagnent la confiance des patients
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ATS Agence télégraphique suisse

Lorsqu'il doit annoncer de mauvaises nouvelles, un médecin qui montre ses émotions n'est pas vu comme moins professionnel par son patient que celui qui reste de marbre. Ce constat émane d'une étude menée par l'Université de Berne publiée récemment dans la revue spécialisée «Journal General Internal Medicine».

«Montrer des émotions ou partager des expériences personnelles avec un patient a longtemps été considéré, dans la formation d'un médecin, comme un comportement risqué ou inopportun», indique la professeure Sofia Zambrano, qui a dirigé l'étude, citée dans un communiqué de l'Université de Berne publié mercredi.

L'étude montre au contraire qu'en faisant preuve de compassion, un médecin gagne la confiance de son patient sans que ce dernier le perçoive comme moins professionnel. Cette recherche confirme que les relations humaines sont un élément central d'une bonne approche de la médecine, relève l'Université de Berne.

Il y a cependant un bémol à ces travaux. Les résultats ne reposent pas sur des discussions réelles entre médecins et patients, mais sur des scénarios hypothétiques. Pour mener à bien son étude, l'équipe de recherche a demandé à 1572 participants de jouer le rôle d'une personne atteinte d'un cancer du poumon incurable.

Des dialogues plus complexes

Ces personnes ont dû évaluer plus de 7000 scénarios impliquant un médecin devant leur annoncer l'inéluctable. Elles ont jugé la durée des propos, leur clarté, les formes mises par le praticien dans son annonce. Elles ont ensuite fait part de leur ressenti et de leur perception du médecin après chaque scénario.

«Les dialogues réels sont plus complexes et peuvent être influencés par des signes non verbaux et des facteurs situationnels», relève la professeure Zambrano. En outre, les participants à l'étude étaient majoritairement des ressortissants suisses, ce qui ne reflète pas l'hétérogénéité culturelle de la population helvétique. La perception des émotions peut en effet varier d'une culture à l'autre.

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